Sanija Ameti érige la SSR en pilier de «notre démocratie» – rien en dessous n’est acceptable
«La SSR est le hardware sur lequel fonctionne notre démocratie», déclare Sanija Ameti, comme si elle énonçait une loi de la nature.
L’ancienne politicienne vert’libérale, jusqu’ici conseillère municipale zurichoise (elle ne se représente pas aux élections de début mars) et ex-coprésidente d’Operation Libero, érige ainsi le groupe audiovisuel milliardaire financé par la redevance en pilier indispensable du système politique – comme si toute la démocratie directe dépendait de cette seule entreprise privilégiée par l’État.
Dans cette campagne de votation enflammée, les partisans de la SSR exagèrent sans retenue depuis des semaines: les uns annoncent la fin de la démocratie, les autres présentent toute critique de la SSR comme une attaque hostile contre l’État – mais Ameti surpasse désormais tout le monde avec sa métaphore technocratique. En érigeant la SSR en «hardware», elle relègue citoyens, parlements, partis, médias privés et l’ensemble du reste de l’espace public au rang de «périphérie» interchangeable d’un noyau quasi monopolistique qui serait censé faire fonctionner l’ensemble.
C’est précisément cette prétention quasi sacrée qui pourrait se révéler un sérieux boomerang pour la SSR. Plus des défenseurs comme Ameti donnent l’impression que seule leur chaîne garantit vérité, raison et cohésion démocratique, plus de citoyens risquent de se demander: sommes-nous pris au sérieux ici, ou bien fait-on de la pédagogie politique en nous prenant pour des idiots? Notre maturité civique et notre compétence médiatique dépendent-elles vraiment de la grâce d’un seul géant tributaire de la redevance?




























