Les États-Unis sont un marché central pour l’industrie suisse de l’armement. Berne a livré à Washington en 2025 du matériel de guerre pour une valeur d’environ 92 millions de francs, comme le montrent les derniers chiffres relatifs à « l’exportation de matériel de guerre en 2025 ».
Gian Ehrenzeller/Keystone
Les affaires avec les États-Unis ont également prospéré durant les deux premiers mois de l’année en cours. Alors que le président américain Trump dressait en février 2026 un gigantesque décor de menace autour de l’Iran, la Confédération alpine continuait de pomper du matériel de guerre vers les États-Unis.
Depuis, une guerre brutale fait rage au Proche‑Orient. Et le Conseil fédéral tergiverse. Le gouvernement ne veut se brouiller avec personne. Le droit de la neutralité n’est pas appliqué. L’espace aérien n’est jusqu’ici pas fermé à Washington. Les livraisons d’armes restent également théoriquement possibles.
Mais désormais, la Berne fédérale doit se décider en urgence. Neutralité ou affaires de bombes avec le régime Trump, qui réduit l’Iran en ruines?
Plusieurs demandes de livraisons d’armes des États-Unis sont sur la table. C’est ce qu’a confirmé ce mardi André Mittman, chef de la section Contrôles à l’exportation au SECO, à la Weltwoche.
Comment la Berne fédérale doit‑elle réagir? En coulisses, la nervosité règne. Le DFAE, le SRC ainsi que le SECO se penchent sur les requêtes en provenance de Washington.
Berne est confrontée à un dilemme: si la Suisse continue de livrer des armes aux États-Unis, elle se fait partie au conflit. Si elle ne le fait pas, elle risque peut‑être des sanctions de Washington. Trump a toujours la carte des droits de douane en main. Il n’existe pas de solution simple.
Pourtant, le cas est en réalité clair: les États-Unis sont en guerre. Ergo, le droit de la neutralité devrait depuis longtemps s’appliquer. Les livraisons d’armes sont, dans ce contexte, un no‑go; l’Ukraine n’a pas non plus reçu de matériel de guerre.
Lors de la guerre en Irak en 2003, le gouvernement avait déjà appliqué le droit de la neutralité avant même le début de l’attaque. Il est grand temps de le faire à nouveau aujourd’hui.