Oui, bien sûr, même les peuples cultivés peuvent devenir fous. Quand ils se sentent très injustement traités, quand ils sont attaqués, quand ils s'appauvrissent, quand leurs institutions politiques se désintègrent. L'homme n'a pas de noyau stable. Son moi est un espace vide livré aux humeurs. Les hommes sont, en dépit de leurs différences de caractère, essentiellement le produit de leurs conditions de vie. On peut l'observer sur soi: toute personne déjà exposée à des situations extrêmes, parfois à une menace mortelle, découvre des qualités ou des abîmes jusque-là insoupçonnables. Des institutions stables sont les garde-fous de la civilisation.
On peut interpréter l'as ...