Vendredi, le Conseil fédéral a adopté les grandes lignes d'une réglementation bancaire renforcée. Le paquet bancaire présenté par la ministre des Finances Karin Keller-Sutter (FDP) vise à améliorer le dispositif "Too-big-to-Fail". Les risques de faillite d'une banque d'importance systémique doivent être sensiblement réduits pour l'État, les contribuables et l'économie.
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Le paquet est la réponse du gouvernement à la reprise de Credit Suisse par UBS en mars 2023. Des mesures sont prévues au niveau législatif et réglementaire, sur lesquelles des consultations ordinaires échelonnées doivent être menées à partir de l'automne. Le projet est donc loin d'être finalisé, mais constitue le début d'un processus législatif plus long.
Au cœur du débat se trouve notamment l'exigence accrue de fonds propres et la mise à disposition de fonds propres pour les filiales étrangères détenues - ce qui est tout à fait compréhensible. Pour les créanciers et les clients du siège social suisse et pour les risques éventuels des contribuables suisses, la répartition des fonds propres au sein du groupe UBS est également pertinente. Actuellement, UBS affiche des ratios de capital nettement plus élevés à l'étranger qu'en Suisse. Les autorités étrangères pourraient donc mieux protéger les clients et les créanciers des filiales étrangères au détriment de ceux du siège social suisse.
Le Conseil fédéral suppose que toutes les nouvelles mesures combinées entraîneraient pour le siège social d'UBS (UBS AG) des exigences supplémentaires en fonds propres allant jusqu'à 18 milliards de dollars US. La qualité du capital doit également être améliorée par le remplacement des obligations AT1 pour environ 8 milliards par des fonds propres durs. Au total, UBS devrait donc lever 26 milliards de fonds propres supplémentaires, qui pourraient être largement financés par les bénéfices non distribués sur une période de transition suffisamment longue de six à huit ans. Le ratio de fonds propres durs d'UBS passerait de 14,3 % aujourd'hui à 15 à 17 %, dépassant ainsi légèrement celui des autres grandes banques internationales.
Pour les exigences de fonds propres, des dispositions plus strictes doivent également s'appliquer pour l'évaluation des actifs en temps de crise. Cela inclut les logiciels activés ou les créances fiscales latentes. La viabilité des actifs ne devrait cependant pas être vérifiée uniquement en cas de crise. L'histoire de Credit Suisse montre que la viabilité de certains actifs était déjà douteuse bien avant la crise. La question de savoir dans quelle mesure les obligations des États débiteurs étrangers comme les États-Unis ou l'UE sont viables n'a probablement pas été discutée encore une fois pour des raisons politiques.
Un examen des compétences des conseils d'administration et des dirigeants n'est pas prévu dans le paquet de mesures, bien qu'une partie des transactions problématiques soit justement due à l'ignorance et à l'approbation malgré tout des responsables de haut niveau. On peut soupçonner que la Finma elle-même n'est pas en mesure de vérifier de fond en comble les dirigeants surveillés, car elle manque également de compétences.