On a connu plus enjoué et plus gai. Les images de la rencontre entre le président de la Confédération Guy Parmelin et Ursula von der Leyen ne ressemblent en rien à celles de la brève visite de la présidente de la Commission européenne auprès de la présidente de la Confédération d’alors, Viola Amherd, à Berne. Ce 20 décembre 2024, les deux démocrates-chrétiennes s’embrassaient et plaisantaient comme des adolescentes éperdument amoureuses. Leur bonheur commun était immense, car le même jour, la majorité du Conseil fédéral avait décidé de signer l’accord de rattachement à l’UE.
Peter Klaunzer/Keystone
Tout autre fut la rencontre de 27 minutes qui s’est tenue lundi. Elle se déroulait de toute façon dans l’ombre des événements guerriers au Moyen-Orient. Le magistrat UDC Guy Parmelin s’est certes acquitté de son devoir en signant, au nom de la majorité du Conseil fédéral, les accords avec l’UE. Toujours conscient qu’il n’est ni chef d’État – ni chef de gouvernement ou président. Il se contente de diriger pendant un an les travaux du Conseil fédéral.
Parmelin a accompli le parcours des signatures à Bruxelles avec un visage d’un sérieux mortel et s’est délibérément abstenu de sourire une seule fois. Il portait en outre une cravate noire, signe bien visible que cette démarche n’était pas pour le vigneron vaudois un jour de joie, mais un jour de deuil. Car les documents signés scellent, dans les domaines politiques les plus importants, la tombe de la législation en vigueur jusqu’ici, émanant du Parlement, du peuple et des cantons. Parmelin paraissait si soucieux et pensif que le Blick a préféré illustrer le texte sur la rencontre avec une photo d’archives montrant la rencontre souriante de Parmelin avec Ursula von der Leyen lors du Forum économique mondial.
Le président de la Confédération suisse avait pleinement conscience que les 27 États membres de l’UE avaient approuvé en un temps record et sans la moindre objection le traité de soumission de la Suisse. Alors qu’en Suisse commence d’ici à 2028 une longue période de vifs affrontements, qui creusera de profonds fossés au sein de la population.
Pourquoi tous les pays de l’UE trouvent-ils ce traité formidable, alors que notre pays peine tant à l’accepter? La raison saute aux yeux: l’UE ordonne, la Suisse exécute – et paie à tour de bras. Il n’a même pas fallu de grandes traductions. Car l’argent est un langage que tous les destinataires comprennent.