L'ancien conseiller fédéral Christoph Blocher a rencontré la présidente de la Confédération et ministre des Finances, Karin Keller-Sutter, à Berne pour une discussion confidentielle. Le sujet n'était rien de moins que l'avenir de l'UBS – et donc aussi la stabilité de la Suisse.
Blocher, qui demandait déjà en 2008 une scission de la grande banque, tire la sonnette d'alarme. Si l'UBS échoue, cela entraînerait toute la Suisse dans un gouffre, a déclaré le doyen de l'UDC de 85 ans aux journaux du groupe CH Media. Sa proposition: la banque doit être divisée en une unité américaine et une unité suisse – avec des actions distinctes, afin de tenir le risque de la banque d'investissement américaine éloigné de l'économie suisse.
La conseillère fédérale Keller-Sutter souhaite en revanche augmenter les exigences de fonds propres de l'UBS. Pour Blocher, cela ne suffit pas: « Cette mesure ne résout pas le problème. » L'entrepreneur voit dans l'expansion de l'UBS sur le marché américain un risque systémique et demande une séparation claire des secteurs d'activité. Déjà en 2008, il avait proposé quelque chose de similaire – soutenu par le fondateur de Swatch Nicolas Hayek et le Parti socialiste. À l'époque comme aujourd'hui, le succès n'était pas au rendez-vous.
L'UBS elle-même se défend vigoureusement contre un démantèlement. Le porte-parole Maurice Labhart a déclaré qu'une scission entraînerait « une perte massive de valeur pour toutes les parties prenantes ». La banque est un « pilier de stabilité et de prospérité ».
Blocher prévoit maintenant une apparition devant le groupe parlementaire de l'UDC pour gagner des alliés pour sa cause. Dans le parti, la résonance est jusqu'à présent mitigée. Mais Blocher veut continuer à faire pression: « Je ne lâche pas. » Son objectif: un débat national sur les risques d'une super-banque mondiale dans le cadre juridique suisse.
Un porte-parole du département des finances a confirmé la rencontre.