Autrefois, on disait parfois que l'UDC avait un problème de personnel, aujourd'hui c'est le centre – voir la succession d'Amherd – et le PLR qui font les gros titres de ce genre. Les postes de haut niveau ne sont voulus par personne considéré comme top. Après le refus de tous les favoris, le PLR se manifeste avec une proposition issue de la cuisine écolo-gauche : une coprésidence, responsabilité partagée avec Susanne Vincenz-Stauffacher et Benjamin Mühlemann. La deuxième ligne, et en plus, partagée.
Que ce concept de leadership, si les deux sont élus, fonctionne, reste à voir. Cela aide-t-il à renforcer le profil du parti libéral-radical? Ou est-ce juste l'expression de son désarroi persistant?
Mühlemann, un Glaronais, est peu connu au niveau national. Vincenz-Stauffacher est un peu plus connue. Décrite par le Tages-Anzeiger comme une politicienne «progressiste» engagée dans la «politique environnementale et sociale », elle est présentée par la Republik comme responsable d'un programme de gauche, y compris une politique de sécurité et d'armement «à long terme intégrée dans celle de l'UE».
La question politique la plus importante pour la Suisse est aussi la question la plus importante pour le PLR : soumission à l'UE, oui ou non. La position de Vincenz-Stauffacher est claire : elle veut les « Accords bilatéraux III » et l'intégration institutionnelle qui les accompagne. Elle participe à la campagne pro-Bruxelles Stark und Vernetzt et au groupe Femme pro Bilaterale. Elle donne des interviews sur «l'importance des femmes dans la politique européenne» et déclare : «Pour mes filles, je souhaite des possibilités illimitées – même au-delà des frontières nationales. »
Avec l'UE, elle voit une « relation stable et régulée » qui contribue à « notre prospérité » et apporte uniquement des « avantages pour chacun d'entre nous ». Ce qui pourrait produire l'effet inverse, on le voit « en ce moment de manière exemplaire dans la politique commerciale agressive, grossière et même irrationnelle des États-Unis ». Un partenariat repose sur la confiance ainsi que sur la compréhension et le respect mutuels.
Vincenz-Stauffacher ne veut pas voir que l'UE a souvent sanctionné la Suisse par le passé et s'est moquée des règles et du respect qu'elle devait montrer. Bruxelles a autant de respect pour Berne qu'un colonisateur pour sa colonie. Gare à nous si nous ne votons pas comme l'UE le souhaite – alors nous serons punis.
Vincenz-Stauffacher ne veut pas voir que la libre circulation des personnes et l'immigration de masse n'ont pas augmenté la prospérité, mesurée par le revenu par habitant.
Elle ne veut pas voir la perte de souveraineté et l'abandon de la neutralité. Elle préfère se réfugier dans des généralités éculées : « Relier, ne pas isoler », tel est le mot d'ordre de son travail politique résumé en une phrase.
Ici aussi, elle omet de voir que les véritables isolationnistes sont ceux qui veulent enfermer la Suisse dans un cadre étroit taillé sur mesure par Bruxelles.