La guerre contre l’Iran est contraire au droit international. Qui pourrait sérieusement prétendre le contraire? Lors d’un discours prononcé à l’occasion du 75e anniversaire de la création du ministère des Affaires étrangères, le président fédéral s’est lui aussi exprimé sur la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Il a alors buté sur le terme « contraire au droit international ». La guerre, citent les médias, serait « à mon sens contraire au droit international ».
Justin Lane/Keystone
Il est positif que Frank-Walter Steinmeier emploie, en lien avec la guerre d’agression contre l’Iran, le terme « contraire au droit international » – même s’il le fait encore avec prudence.
Mais il n’y a guère lieu de faire des éloges à ce stade. Il y a quatre semaines, les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran. Un pays souverain. Environ 165 enfants ont perdu la vie lors de l’attaque contre une école primaire. Selon les sources, il est désormais question de plusieurs milliers de morts et de blessés se chiffrant à cinq chiffres depuis le début de la guerre. On n’a pas réussi à trouver, déjà au moment de l’attaque, de raison compréhensible pour cette guerre, notamment au regard du droit international – et on ne peut certainement pas en trouver aujourd’hui.
On sait de Steinmeier, en tant que président fédéral, qu’il intervient de temps à autre dans la politique actuelle.
Le 25 février 2022, soit un jour après l’attaque de la Russie contre l’Ukraine, le château de Bellevue publie une première déclaration officielle de Steinmeier. On peut y lire: « Le président de la Russie a, sous de mensongers prétextes, déchaîné une guerre d’agression contre l’Ukraine. Ce que les gens là-bas doivent maintenant endurer est terrible: mort et blessures, destruction, déplacement, des souffrances innombrables. »
Le 3 avril 2022, Steinmeier s’exprime à nouveau: « L’Ukraine est la victime d’une agression criminelle de la part de la Russie. » Et dans un discours prononcé à l’occasion du 50e anniversaire de la fondation ZEIT, le 18 mai 2022, le président fédéral parle d’une « guerre contraire au droit international » menée par la Russie. Il renonce alors à la formule « à mon sens ».
Il apparaît clairement que Steinmeier est, premièrement, capable de réagir rapidement et, deuxièmement, de présenter son point de vue avec des mots tranchants.
Face à l’attaque contre l’Iran, c’est un autre président fédéral qui se révèle. Lourd, lent, réservé. Pourquoi?