Ces derniers mois, elle avait suscité de vives protestations: l’obligation vaccinale que les cantons peuvent décréter sur la base de la loi fédérale sur les épidémies – et qu’ils ont en partie assortie de menaces de sanctions massives. Désormais, le conseiller national Rémy Wyssmann (UDC) demande, dans une motion, la suppression de l’article 22 correspondant de la loi sur les épidémies (LEp).
Dans son exposé des motifs, la motion fait référence aux peines parfois exorbitantes. «Ainsi, le canton de Zurich a ancré dans la loi une menace de peine explicite allant jusqu’à 50 000 CHF. À Saint-Gall, le Conseil d’État veut également introduire une disposition pénale explicite prévoyant des amendes allant jusqu’à 20 000 CHF.»
Outre ces «dispositions pénales hautement contestables», d’autres points sautent aux yeux: «Ainsi, le Tessin et Vaud prévoient qu’une vaccination obligatoire peut être ordonnée pour l’ensemble de la population ou pour l’ensemble du territoire cantonal. Le canton de Zoug permet en outre, pour des raisons importantes, un placement dans un établissement approprié. Le canton du Valais prévoit une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 CHF ou une peine de prison allant jusqu’à 3 mois.» Les principes de proportionnalité s’en trouvent ainsi complètement bafoués, poursuit la motion.
Les dispositions pénales et les amendes posent également problème parce qu’elles vont au-delà du cadre formulé par la législation fédérale à l’art. 22 LEp. «Elles violent le principe de la légalité. De telles dispositions pénales sont donc contraires au droit fédéral et à la Constitution.»
Une fois de plus, il apparaît «que des normes de délégation formulées de manière aussi peu claire que celle de l’art. 22 LEp recèlent le danger d’un abus de pouvoir de l’État». La décision de se faire vacciner doit rester une décision individuelle et personnelle, comme le Conseil fédéral l’a également garanti. L’art. 22 LEp doit donc «être supprimé en conséquence».