La Suisse poursuit son égarement en matière de politique de sécurité. Au lieu de se concentrer sur une neutralité crédible et donc sur une capacité de défense dissuasive de sa propre armée, elle se réfugie dans l'OTAN, qui, entre autres, est fortement impliquée dans la guerre en Ukraine.
NATO
Le Conseil des États a chargé mercredi le Conseil fédéral d'engager des négociations avec l'OTAN « pour un accord de partenariat dans les domaines de la sécurité et de la défense ». Une motion correspondante a été transmise par 22 voix contre 20 (avec une abstention).
La majorité est composée principalement de conseillers aux États du FDP, du Parti du Centre ainsi que de voix du PS et des Verts. Alors que les Verts se sont voués au pacifisme et que le PS, selon son propre programme, souhaite en réalité abolir l'armée suisse, les conseillers aux États de gauche se prononcent en grande majorité en faveur d'un rapprochement avec la plus grande alliance militaire mondiale et donc potentiellement d'un rapprochement avec des guerres.
Le contexte pour l'abandon de la défense nationale est entre autres la tentative désespérée du ministre de la Défense, Martin Pfister (Centre), d'intégrer la Suisse dans le coûteux programme de réarmement de l'UE. À Bruxelles, il a manifestement été convenu de laisser la Suisse faire la queue tant qu'elle n'aura pas accepté les traités européens.
Le Conseil des États réagit désormais à ce chantage de fait par un rapprochement avec l'OTAN. Cela est également risqué car l'alliance elle-même traverse une phase nerveuse de réflexion sur elle-même. Il existe par exemple des désaccords entre les États membres européens et les États-Unis sur la manière de mettre fin à la guerre en Ukraine et sur le rôle que l'OTAN devrait jouer en cas de cessez-le-feu.
Des soldats suisses devront-ils un jour sécuriser la ligne de démarcation dans l'est de l'Ukraine? La protection de l'OTAN n'est certainement pas offerte « gratuitement » à la Suisse. En outre, un autre rapprochement se paierait par l'abandon définitif des derniers vestiges de neutralité.