Une vidéo révélatrice provoque une agitation politique à Chypre – juste au moment où le pays commence sa présidence du Conseil de l'UE. Des enregistrements filmés en secret montrent des hauts responsables gouvernementaux apparemment expliquer comment des entrepreneurs peuvent contourner la limite légale des coûts de campagne électorale avec des dons et accéder directement au président. Il est également question d'assistance aux Russes pour contourner les sanctions de l'UE, comme le rapporte Politico.
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Le président Christodoulides réfute les accusations et exige des preuves. Son beau-frère et chef de cabinet Charalambos Charalambous ainsi que l'ex-ministre George Lakkotrypis apparaissent dans la vidéo. Tous deux nient tout acte répréhensible. Le gouvernement parle d'« activité hybride » contre le pays.
Le rôle d'un fonds social, géré par la Première Dame, est également délicat. Selon la vidéo, des entreprises auraient obtenu des avantages d'accès au président par ce fonds. Déjà l'année dernière, le parlement avait demandé la divulgation des donateurs. Le président Christodoulides a bloqué cette demande en invoquant la protection des données et a obtenu gain de cause devant les tribunaux.
L'opposition demande maintenant des éclaircissements. Stefanos Stefanou, du parti communiste AKEL, évoque des « questions politiques, éthiques et institutionnelles sérieuses ». Son parti demande entre autres le limogeage de Charalambous, la suppression du fonds et la démission de la Première Dame de son poste de directrice.
La police a ouvert une enquête. Il n'est pas encore clair qui se cache derrière le compte X « Emily Thompson » qui a publié la vidéo. Pour Chypre, qui souhaite se présenter au niveau international comme un partenaire fiable de l'UE, le scandale survient à un moment inopportun. De plus, des élections parlementaires sont prévues dans quelques mois.