Au sommet de l’UE à Bruxelles, le conflit autour de l’aide de plusieurs milliards à l’Ukraine s’intensifie. Le chancelier fédéral allemand Friedrich Merz a qualifié l’attitude du Premier ministre hongrois Viktor Orbán d’« acte de grave déloyauté ».
Après les consultations des chefs d’État et de gouvernement, Merz a déclaré que le comportement d’Orbán aurait « des conséquences qui iront bien au-delà de cet événement isolé ». On n’accepterait « pas cela en l’état ». D’autres participants au sommet se seraient également montrés « profondément irrités ».
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En toile de fond se trouve le veto d’Orbán contre un prêt d’environ 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’Ukraine. Malgré des discussions intensives à huis clos, le chef du gouvernement hongrois a maintenu son blocage. Selon des diplomates, le président du Conseil européen António Costa a qualifié ce comportement d’« inacceptable » et de violation des principes de coopération.
Orbán justifie son veto en affirmant que la Hongrie n’acceptera de donner à nouveau son accord que lorsque du pétrole russe recommencera à affluer dans le pays via l’oléoduc Droujba. Selon les autorités ukrainiennes, la conduite est endommagée depuis une attaque russe en janvier. Budapest accuse Kiev d’entraver la reprise des livraisons.
Les 25 autres États membres de l’UE maintiennent leur soutien à l’Ukraine. Dans une déclaration commune, ils soulignent qu’il est « essentiel » que Kiev dispose de moyens financiers et militaires suffisants pour se défendre contre la Russie.
La manière dont le financement doit être concrètement garanti sans l’accord de la Hongrie reste ouverte. Aucun plan alternatif n’a été présenté lors du sommet. Le premier versement est néanmoins déjà prévu pour début avril.