Le ministère public de la Confédération clôt la procédure pénale contre Peter Lauener, l'ancien porte-parole de l'ancien conseiller fédéral Alain Berset. Lauener reçoit également plus de 100 000 francs d'indemnisation. Les coûts totaux de la procédure de quatre ans ont encore plus lourdement pesé sur les finances publiques, comme le rapporte le Tages-Anzeiger.
Ainsi, l'une des plus grandes affaires politico-médiatiques des dernières années prend une fin peu glorieuse. Il est avéré que Lauener alimentait régulièrement la maison d'édition Ringier en informations durant la période du Covid. Il existait une ligne directe entre le Conseil fédéral et le Blick.
L'affaire Berset-Ringier montre à quel point le pouvoir d'État et le pouvoir médiatique ont travaillé main dans la main pour imposer la politique de mesures autoritaires et notamment la campagne de vaccination. On disait que le mardi on pouvait lire dans le Blick ce que le Conseil fédéral déciderait le mercredi.
Le classement de la procédure laisse donc plus qu'un goût amer. Il donne plutôt l'impression que les responsables sont protégés. L'argument selon lequel le secret de fonction n'a pas été violé et qu'il s'agit de la protection des sources journalistiques, semble une dérision au vu des faits connus.
Lorsque j'ai fait bouger les choses le 31 décembre 2021 en publiant sur Nebelspalter une vidéo dans laquelle Walder annonce avoir ordonné aux rédactions de Ringier de soutenir le gouvernement durant la période du Covid, le tollé des médias et du public s'est fait entendre jusque Berlin (Bild) et Hambourg (Spiegel). Le siège de Walder a vacillé. L'éditeur Michael Ringier s'est excusé en première page.
Tempi passati. L'Empire contre-attaque. Les lésés sont les citoyens. Ils doivent finalement payer pour ce grand copinage qui a durablement endommagé la crédibilité des médias et de la politique. Le même Tages-Anzeiger, qui annonce aujourd'hui avec jubilation le classement de la procédure, écrivait alors que cela était « du poison pour la démocratie ».