Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) du conseiller fédéral Ignazio Cassis prétend être en contact avec Jacques Baud, le citoyen suisse détenu à Bruxelles. Pour des raisons de protection des données et de la personnalité, aucune autre information ne peut être fournie, a-t-il été déclaré vendredi.
Baud lui-même prétend le contraire. Il n'a rien entendu de la Suisse officielle, pas même de sa mission à Bruxelles dirigée par l'ambassadrice Rita Adam, a déclaré l'ancien employé du DFAE dans une interview avec le rédacteur en chef de Weltwoche, Roger Köppel. Pour les tiers, l'affaire ne peut actuellement pas être vérifiée de manière concluante.
Cela est également dû au fait que le DFAE lui-même ne fait rien pour créer de la transparence. Une demande de Weltwoche, en vertu de la loi sur la transparence, d'avoir accès à la correspondance relative à l'affaire Baud entre les bureaux du DFAE à Bruxelles et à Berne, a été reportée en raison des jours fériés.
Il convient d'ajouter que le Conseil fédéral, lors de sa séance de vendredi, la dernière avant les vacances de Noël, n'a même pas parlé de l'affaire Baud, comme l'a confirmé par la suite le ministre de la Justice Beat Jans. Cela signifie que le conseiller fédéral responsable, chef du DFAE Cassis, n'a même pas jugé nécessaire de mettre ses collègues du Conseil fédéral au courant avec une note d'information.
Par ailleurs, rien ne filtre du DFAE. Cassis aurait pu convoquer l'ambassadeur de l'UE en Suisse. Il aurait au moins pu clairement annoncer publiquement que le Conseil fédéral ne tolère pas que des citoyens suisses soient inscrits sur une liste de sanctions en raison de leurs opinions.
Pour rappel: le citoyen suisse Jacques Baud, colonel, employé de l'administration fédérale, de l'ONU ainsi que de l'Otan, a été placé par l'UE sur une liste de sanctions. Le Genevois de naissance agirait comme une "voix prorusse", selon l'accusation. Baud, qui vit à Bruxelles, n'est pas autorisé à voyager au sein de l'UE, et ses comptes sont également bloqués.