L'affaire du Colonel suisse Jacques Baud, sanctionné par l'UE en raison de ses opinions sur la guerre en Ukraine, préoccupe également l'Allemagne et le gouvernement fédéral. Lors de la conférence de presse gouvernementale du 17 décembre 2025, le ministère des Affaires étrangères a menacé « tous » les dissidents, affirmant qu'ils pourraient également être poursuivis, punis et sanctionnés.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Giese, a littéralement déclaré qu'il était « devenu clair que les personnes qui font ce genre de choses [diffusent de la « désinformation », NdE], peuvent être sanctionnées, si des raisons juridiques le justifient et si une décision correspondante du Conseil de l'Union européenne est prise ». C'est « arrivé, cela continuera d'arriver, c'est arrivé dans le passé, et tous ceux qui évoluent dans ce domaine doivent s'attendre à ce que cela puisse également leur arriver ».
Giese a ajouté: « Je peux maintenant prendre un raccourci et dire: c'est une décision qui a été prise à Bruxelles. Mais je peux aller un peu plus loin et dire: oui, nous en sommes également convaincus. C'est pourquoi c'était une décision unanime. »
Le gouvernement fédéral non seulement soutient la sanction de Jacques Baud, citoyen suisse irréprochable, mais il est également « convaincu » qu'elle est juste et menace en même temps « tous » ceux qui expriment une opinion divergente de la ligne de la Commission européenne, de poursuites judiciaires et de sanctions.
Le gouvernement fédéral n'exprime aucun scrupule quant à la mise de côté de la liberté d'expression d'un revers de main. « Tous ceux qui ne sont pas d'accord avec leur sanction disposent de tous les recours juridiques possibles pour s'y opposer. Ils peuvent saisir le Conseil et également la Cour de justice de l'Union européenne », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Ce faisant, il ignore complètement le fait que le sanctionné Jacques Baud ne disposait d'aucun recours juridique. Il ne lui a même pas été accordé le droit d'être entendu, un principe fondamental de l'État de droit.
Que ceux qui détiennent le pouvoir aient tendance à en abuser est bien connu. Mais qu'ils exercent ce pouvoir de manière aussi flagrante que l'UE, et qu'ils le déclarent de manière aussi flagrante et ouverte, tout en lançant des menaces et des intimidations envers « tous » ceux qui expriment une opinion propre, est un comble. Des méthodes autoritaires apparaissent, sapant la démocratie libérale et l'État de droit démocratique d'en haut.
Si cela continue ainsi, alors bonne nuit, Bruxelles, bonne nuit, Berlin, bonne nuit, Europe libre.