Pas d’accord, mais des discussions très constructives pour une paix en Ukraine – la rencontre entre le président américain Donald Trump et son rival russe, le président Vladimir Poutine, se termine avec l'espoir que cela puisse aller plus loin.
Sur certains points, on est d'accord, sur d'autres non, a déclaré Trump lors d'une conférence de presse commune, sans entrer dans les détails. « La prochaine fois à Moscou », a dit Poutine à Trump. Un match retour en Russie ? Le président américain a laissé l'invitation en suspens, mais s'est montré loin d'être désintéressé.
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Comment – et surtout: où – cette « quête de paix » des deux grandes puissances continuera-t-elle, cela reste à voir. Du point de vue suisse, il est clair: Si elle veut continuer à prétendre à son rôle de scène neutre, d'hôte impartial, de petit espace sécurisé diplomatique de l'histoire mondiale, elle doit faire partie de ce processus.
De l'Arabie Saoudite, on n'entend plus rien à ce sujet, et la Turquie ne semble plus jouer un rôle. Imaginez: Une conclusion de paix sur le sol suisse avec Trump, Poutine, le président ukrainien Zelensky, éventuellement des représentants de l'OTAN.
Ce serait une restauration de la neutralité que le Conseil fédéral a démolie au cours des trois dernières années – par l'adoption de sanctions de l'UE contre la Russie ou la transmission unilatérale d'armes aux alliés ukrainiens. Le dernier coup contre la neutralité vient du DDPS.
Comme le monde de la semaine l'a découvert, le Conseil fédéral veut élargir la loi militaire, selon laquelle à l'avenir des missions à l'étranger de soldats suisses devraient être possibles sur ordre de l'UE. De tels rapprochements avec Bruxelles, qui a été reléguée aux tribunes lors des négociations entre Trump et Poutine, réduisent cependant les chances de la Suisse d'être à nouveau perçue comme neutre par les USA et la Russie.
Le chemin vers une paix en Ukraine reste tout aussi incertain que le retour de la Suisse à la neutralité. Ce qui est clair: Le processus de paix montrera si le monde a encore besoin d'une Suisse neutre. Après la fin de la réunion en Alaska, tout est resté calme à Berne, les diplomates de Twitter du DFAE dormaient paisiblement. Un bon signe.