Le ministère fédéral de l’Intérieur a rejeté la demande de subvention de l’ONG « Radikale Töchter » dans le cadre du programme « Cohésion par la participation ». C’est ce qu’a indiqué un porte-parole du ministère en réponse à une demande du journal Welt.
Pour justifier sa décision, le ministère a renvoyé à une nouvelle orientation du programme sous la direction du ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt. La direction du ministère se réserve le droit de définir « ses propres priorités dans la période de financement actuelle ». La demande n’a pas été retenue dans la « vue d’ensemble » des projets soumis. Auparavant, l’Office fédéral pour l’éducation civique avait, selon ses propres déclarations, provisoirement envisagé d’accorder des fonds au projet, mais la décision finale relevait toutefois du ministère.
Jenna Dallwitz/Alfred Herrhausen Gesellschaft
L’initiative « Radikale Töchter » a annoncé son intention d’engager une action en justice contre cette décision. Selon ses propres indications, le projet se retrouve, en raison de cette annulation de dernière minute, avec des coûts d’environ 120 000 euros à sa charge. Dans une prise de position, elle accuse le ministre de « démanteler délibérément l’engagement démocratique » et de mener une « campagne politique ».
Les « Radikale Töchter » organisent, selon leurs propres déclarations, des ateliers dans lesquels sont transmis des « approches de l’art d’action et de l’activisme artistique ». Comme le rapporte le portail en ligne Nius, le groupe a récemment critiqué sur les réseaux sociaux des déclarations de Friedrich Merz et a notamment affirmé: « Nous, les filles, ne nous laissons pas instrumentaliser pour une agitation raciste » ainsi que: « Pour nous, les filles, il est problématique que notre chancelier fédéral utilise une rhétorique nazie qui rappelle Goebbels. »
Selon ses propres déclarations, l’organisation bénéficie, en vue d’un éventuel recours, du soutien de « Frag den Staat » et de la Société pour les droits civils.
Depuis 2010, le programme fédéral « Cohésion par la participation » finance des projets d’éducation à la démocratie. Parallèlement, le programme « Vivre la démocratie » est lui aussi réorienté. Selon un rapport de la Welt am Sonntag, plus de 200 projets doivent ainsi prendre fin à la fin de l’année.