L'organisation de défense des droits humains de gauche Amnesty International Suisse (AI) s'est distanciée des émeutes de la manifestation en Palestine. Dans le même temps, AI souhaite analyser les événements du dernier samedi à Berne de manière impartiale. Le porte-parole d'Amnesty International, Beat Gerber, précise sur demande: « Nous avons été présents avec plusieurs observateurs des droits de l'homme. Ceux-ci n'étaient pas partie prenante de la manifestation ni partie contre la police ou les manifestants. Sur la base de leurs constats, de l'analyse de dizaines de vidéos et de l'évaluation de témoignages, nous évaluerons le déroulement de la manifestation et l'intervention de la police du point de vue des droits humains. » La question est: peut-on faire confiance à AI? Ou essaye-t-on d'en faire une accusation contre les forces de l'ordre?
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Par le passé, cette organisation ne s'est pas toujours montrée équilibrée lorsqu'il s'agissait de la question palestinienne.
Pour mémoire: au début de l'année, l'auteur antisémite Ali Abunimah est entré en Suisse en dépit d'une interdiction d'entrée. Il s'agissait donc d'une entrée illégale, et il a été justement placé en détention par la police. Il est dirigent de la plateforme « Electronic Intifada » et s'est déjà auparavant exprimé à plusieurs reprises de manière violente et antisémite. Il a ainsi qualifié les attaques au missile de l'Iran contre Israël de « geste humanitaire ». Amnesty s'est néanmoins déclarée profondément préoccupée par l'arrestation d'Abunimah dans un communiqué. Cela témoigne d'une conception étrange de notre état de droit. Pour les activistes des droits de l'homme d'AI, la glorification du terrorisme contre l'État juif n'est pas une barrière pour s'allier avec ceux-ci et même les inviter.
On a récemment pu observer cela également en Allemagne. Ici, l'activiste palestinien Ibrahim Ibrahim a été sollicité par Amnesty pour donner une conférence. Ibrahim est depuis des années connu pour glorifier le terrorisme contre l'État juif. Il est considéré comme un soutien du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Cette organisation terroriste d'extrême gauche rejette l'État israélien, ses membres ont commis des attentats suicides, détourné des avions, tiré des missiles sur Israël et se sont alliés avec les terroristes de la Fraction armée rouge (RAF).
Amnesty International s'est certes distanciée des excès de violence du week-end dernier. Mais ses évaluations de la bande de Gaza ont servi de justification aux différents organisateurs de cette orgie de violence. La grève féministe de Bâle, co-organisatrice de la manifestation à Berne, a appelé à participer - en signalant que selon Amnesty International, Israël commettait un génocide à Gaza.
Il est donc très probable que l'organisation des droits de l'homme, à la fin, ne blâme pas les fauteurs de troubles responsables des émeutes et des excès de violence, mais les policiers qui ont cherché à protéger les passants et les installations.