Le conseiller national Remy Wyssmann (UDC) a déposé une annonce de surveillance urgente auprès du bureau du Conseil national et du Conseil des États. Celle-ci concerne un « déficit d'application » concernant la motion Glarner 22.3546 du 7 juin 2022 intitulée « Pas d'accord OMS sans approbation parlementaire ».
Le Conseil fédéral est ainsi chargé de « soumettre obligatoirement au Parlement tout éventuel accord OMS ou tout instrument élaboré par l'OMS qui, par le biais du droit souple, pourrait ultérieurement être contraignant pour la Suisse ».
Le Conseil national et le Conseil des États ont adopté la motion. Malheureusement, des indices indiquent que la motion « n'est pas mise en œuvre conformément à son contenu clair et à son objectif, ni selon les résultats de vote clairs au Conseil national et au Conseil des États », peut-on lire dans l'annonce de surveillance.
Cela est urgent et délicat car les modifications du Règlement sanitaire international (RSI) de l'OMS entreront automatiquement en vigueur pour la Suisse si le Conseil fédéral ne dépose pas d'ici au 19 juillet 2025 une déclaration formelle de renvoi (dite d'exclusion) auprès du Secrétariat général de l'OMS.
Le Parlement, qui a pris l'affaire avec l'adoption de la motion Glarner, devrait donc pouvoir faire d'éventuelles recommandations au Conseil fédéral. Or, rien n'indique cela dans les plans de séance consultables.
En d'autres termes : Les indices s'accumulent que le Conseil fédéral ne respecte pas la décision parlementaire du 7 juin 2022 et veut accepter les RSI de manière unilatérale et contrairement à la compétence démocratique déclarée du Parlement. Cela entraînerait une perte grandissante de la souveraineté médicale de la Suisse.
L'annonce de surveillance exige donc que le Conseil fédéral ne mette pas le Parlement sur la touche et que l'affaire soit immédiatement inscrite à l'ordre du jour des commissions préparatoires concernées ainsi qu'à l'ordre du jour des sessions de l'été 2025.
Le comportement du Conseil fédéral et du bureau du Conseil national et du Conseil des États vise à exclure les droits de participation démocratique dans cette question centrale pour l'avenir de la politique de santé suisse et de la souveraineté de la Confédération. Cela rappelle de manière alarmante des démarches similaires concernant les accords d'association avec l'UE, où la légitimation démocratique devrait également être affaiblie par l'élimination de la majorité des États.