La Suisse risque-t-elle une guerre civile? Le pays sombrera-t-il à nouveau dans un combat culturel comme au XIXe siècle? L'État fédéral actuel est né après la défaite des cantons catholiques-conservateurs du Sonderbund face aux libéraux. Mais il vacille. La raison en est les traités avec l'UE, qui entraînent de grandes pertes de souveraineté pour la Suisse et aussi pour les cantons.
Le Conseil fédéral ne souhaite pas soumettre le projet de vote à la majorité des cantons. Cela ne passe pas bien, en particulier dans les cantons plutôt ruraux.
La grande question est: que se passera-t-il si les électeurs acceptent les traités de l'UE? La cohésion interne de la république alpine est-elle en danger? Des troubles menacent-ils?
La sécession est le plan des détracteurs éminents de l'UE. Il a été exprimé par nul autre que Ueli Maurer. Le conseiller fédéral de l'UDC sympathise avec une partition de la Suisse. « Je serais le premier à me mettre à la tête d'une telle idée », déclare l'ancien membre du gouvernement fédéral. Dans une interview avec Olivier Kessler, directeur de l'Institut libéral à Zurich, Maurer parle d'une « révolution ». Et: « Ne serait-il pas temps de fonder une nouvelle Confédération? »
Pendant ce temps, un autre rebelle conservateur s'est déjà préparé. L'ancien président de l'UDC Toni Brunner souffle dans le même sens. Dans le podcast avec Nebelspalter, Brunner parle de la nécessité de renégocier « qui appartient à la Confédération et qui non » en cas de défaite possible.
La Suisse centrale, le Tessin, la Suisse orientale, voire la région de Zurich Oberland, devraient alors se demander s'ils veulent encore faire partie de l'État fédéral. Brunner parle d'un « nouveau Sonderbund ».
Pendant ce temps, les pro-UE perdent leur calme. La co-présidente du PLR, Susanne Vincenz-Stauffacher, trouve tout cela « costaud » et « profondément antidémocratique et non-suisse », comme elle le déclare aux journaux de CH-Media. Le conseiller national du PS Jon Pult va encore plus loin. Les déclarations de Maurer et Brunner équivaudraient à une « trahison envers le pays », tonne le politicien de l'aile gauche du PS.
Ce sont des mots durs venant d'un politicien qui lutte pour que la Suisse se soumette institutionnellement à Bruxelles à l'avenir. Celui qui n'a plus d'arguments joue de la rhétorique avec des effets de manche. Pult est apparemment à court d'arguments.