Beat Jans, chef du Département fédéral de justice et police (DFJP), participera cette année à la Conférence de sécurité de Munich (MSC). Cela est d’autant plus remarquable que ce socialiste devrait être le premier conseiller fédéral à se rendre à la conférence en tant que chef du DFJP.
Anthony Anex/Keystone
D’ordinaire, la Suisse est représentée à la MSC par le président de la Confédération et éventuellement par le chef du Département de la défense. Une cinquantaine de chefs d’État sont attendus ce week-end. Officiellement, la MSC est consacrée à la politique internationale de sécurité (surtout au sens militaire).
Selon ses propres déclarations, Jans souhaite discuter avec ses homologues de « questions de sécurité intérieure ainsi que de jurisprudence ». La conférence lui offre l’occasion de « parler des défis liés à l’extrémisme violent, au terrorisme et à la cybercriminalité ». Cela surprend, car Jans aborde en Suisse plutôt rarement ces thèmes.
Il aurait pourtant eu l’occasion de le faire, par exemple en octobre dernier, lorsque des extrémistes et terroristes de gauche ont blessé 18 (!) policiers et incendié un restaurant dans lequel se trouvaient des personnes. Le tout s’est déroulé dans le centre-ville de Berne, pratiquement devant les bureaux du DFJP.
Mais Jans semble davantage attiré par le lointain, que ce soit dans le temps, avec de vastes stratégies sur la problématique de l’asile ou la criminalité organisée, qui seront présentées un jour, lorsque Jans ne sera plus au DFJP. Ou alors, comme maintenant à Munich, il est attiré par le lointain géographique.
Jans a renoncé cette année à participer au WEF, parce que le président américain Donald Trump dominait Davos. Le fait que les États-Unis soient représentés à la MSC de cette année par le secrétaire d’État Marco Rubio le dérange apparemment moins. Outre Jans, le ministre de la Défense Martin Pfister ainsi que le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis se rendront à Munich.
Ce dernier en tant que président de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), avec l’espoir, dans ce rôle, de discuter d’une contribution « en cas de solution politique ou de cessez-le-feu » dans la guerre en Ukraine. Cette entreprise devrait rester difficile également à la MSC, car l’une des parties au conflit, la Russie, n’a même pas été invitée.