L'identité numérique E-ID a tout juste franchi le cap dimanche avec 50,39 pour cent de votes favorables. Cependant, la décision pourrait être réexaminée juridiquement en raison d'un don du géant des télécommunications Swisscom, proche de l'État, s'élevant à 30 000 francs en faveur de la campagne du oui, comme le rapporte le Blick. Déjà avant le scrutin, plusieurs opposants ont déposé des plaintes auprès du Tribunal fédéral. Nils Fiechter, président des Jeunes UDC, considère le soutien de Swisscom comme une « influence déterminante » sur le résultat et parle de « propagande électorale inadmissible ». De même, l'UDF ainsi que le mouvement Mass-Voll dirigé par Nicolas Rimoldi exigent une nouvelle votation.
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Les avis des constitutionnalistes divergent quant aux chances d'annulation. Andreas Glaser (Université de Zurich) souligne le résultat extrêmement serré: le degré de serré du résultat est « décisif » pour l'évaluation du Tribunal fédéral. Dans le passé, des scrutins ont été annulés pour des violations mineures uniquement lorsque le résultat était étroit, comme en 2019 pour l'initiative sur la « pénalité du mariage ». Cependant, Glaser souligne que le don provenait « uniquement » de Swisscom et non du Conseil fédéral lui-même. De plus, le défaut a déjà été critiqué avant le vote, ce qui est un point important sur le plan juridique. Swisscom défend son engagement en faisant référence à sa mission de service public: l'e-ID est « très proche » de son activité principale et souhaite contribuer à la numérisation.