Le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis semble avoir perdu le sens des réalités. Au lieu de positionner la Suisse comme un médiateur fiable et neutre dans un monde de plus en plus turbulent, il se complaît de plus en plus dans le rôle d’« arbitre moral du monde ». En reprenant unilatéralement des sanctions et en se livrant à une rhétorique de complaisance envers des blocs de puissance internationaux, Cassis démantèle l’instrument le plus important de la politique étrangère de notre pays: la neutralité intégrale.
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La neutralité n’est pas un principe de beau temps que l’on range au placard au besoin, mais le bouclier protecteur d’un petit État. Lorsque Cassis fait de la Suisse une partie prenante, il lui enlève sa crédibilité comme pays hôte de négociations de paix. Le droit international, auquel il aime tant se référer, n’est dans la realpolitik souvent que le droit du plus fort – il ne nous offre une protection que si nous ne nous laissons pas entraîner dans les querelles des grandes puissances.
La Suisse doit revenir à une politique de distance réfléchie, au lieu de se laisser transformer sous Cassis en marionnette d’intérêts étrangers.