Le Conseil fédéral souhaite une nouvelle loi qui « régule » le débat sur les réseaux sociaux, comme le nouvel ancien mot magique de l'infantilisation l'indique. Elle s'appelle « Loi fédérale sur les plateformes de communication et les moteurs de recherche » et doit, selon le Conseil fédéral lui-même, renforcer les « droits » des utilisateurs et assurer « plus d'équité et de transparence ».
La NZZ accourt au soutien du Conseil fédéral et susurre que la loi entend mieux nous protéger de « fake news, d'injures ou d'appels à la haine ».
Cela semble si aimable. Mais où le gouvernement veut nous dire quelles informations sont vraies et fausses et lesquelles sont bonnes et mauvaises pour nous, cela devient dangereux. Alors, la vigilance est le premier devoir civique.
En fait, la loi est mentionnée d'un même souffle avec le Digital Services Act de l'UE, qui a déjà conduit là-bas à la censure et à la restriction de la liberté d'expression. En Allemagne, mais aussi en Suisse, on peut déjà voir quels abus sont perpétrés sous le prétexte de lutter contre la « haine et la diatribe » et la « discrimination ». Dans le canton de Berne, un homme doit aller dix jours en prison parce qu'il a écrit sur les réseaux sociaux qu'il existe des hommes et des femmes. Et cette folie devrait-elle maintenant être encouragée?
Là-bas à l'international, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) souffle dans la même corne en parlant d'une « infodémie » qu'il faudrait contenir, en d'autres termes: de trop de contradictions contre la vérité absolue qu'elle a proclamée, et qui veut également lutter au niveau mondial contre la « désinformation », qui bien sûr vient toujours des autres. Comme si les « farceurs », qui ont été harcelés et censurés, avaient aussi et en particulier en mission gouvernementale et en complicité avec les grands réseaux sociaux, eu raison. Et comme si ceux qui accusent les autres de « désinformation » ne diffusaient pas les plus gros mensonges. Entre-temps, les patrons des grandes plateformes l'ont admis humblement et ont présenté des excuses.
Bref: la Suisse n'est donc qu'une partie d'un agenda global. Le conseiller fédéral Rösti (SVP) a même récemment inauguré une exposition au musée des transports de Lucerne sur les « fake news », qui a – sans ironie – été créée en collaboration avec la SRG. « Des animatrices et animateurs connus de SRF, RTS et RSI accompagnent le voyage à travers l'exposition ‹Vraiment› », est-il dit à ce sujet. « Dans des séquences vidéo en grand format, ils parlent dans leurs langues nationales de la responsabilité journalistique et de la gestion des médias numériques. »
Sérieusement? Et cela juste avant le lancement de la campagne de votation sur l'initiative SRG de la SVP (« 200 francs c'est assez! »). Quelqu'un a-t-il dit « Propagande » ici?
Si vous voulez savoir mon opinion, tant qu'elle est encore autorisée: Je crains moins les posts de M. Meier et Mme Müller, que le pouvoir d'un État qui secoue de plus en plus sans vergogne les fondements de la démocratie libérale.