Le Wall Street Journal accuse la Cour suprême brésilienne de mettre l'ancien président brésilien Jair Bolsonaro derrière les barreaux avec une justice politiquement motivée.
Un panel avait condamné Bolsonaro la semaine dernière à 27 ans de prison à quatre voix contre une pour une prétendue conspiration contre le gouvernement de Luiz Inácio «Lula» da Silva. «Au diable l'État de droit», commente le journal, voyant dans ce verdict le point culminant d'une instrumentalisation de longue date de la justice.
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Le vote dissident du juge Luiz Fux est particulièrement souligné. Dans son explication de 452 pages, il aurait répertorié «de nombreuses violations de l'État de droit» – notamment l'absence de compétence du tribunal et l'énorme quantité de données de 70 téraoctets de dossiers non structurés présentés à la défense sans aperçu. Il y aurait également eu «un manque flagrant de preuves».
Le jugement aurait été rendu par un tribunal composé idéologiquement: le président Alexandre de Moraes, un adversaire de longue date de Bolsonaro, ainsi que l'ancien ministre de la justice de Lula, Flávio Dino, et son ancien avocat Cristiano Zanin, ont tous voté pour la culpabilité.
Bolsonaro, président de 2018 à 2022, était un critique acerbe de la cour, du tribunal électoral et du système de vote électronique. Son appel à plus de transparence l'avait fait devenir un héros populaire pour de nombreux Brésiliens, mais un ennemi pour les juges. Déjà en 2022, le tribunal électoral sous de Moraes avait réduit au silence les critiques de Lula et restreint les médias sociaux – soi-disant dans le cadre de la lutte contre les «Fake News».
Les accusations contre Bolsonaro étaient vagues: un projet de décret jamais soumis ou des réflexions sur l'état d'urgence. «Le brainstorming n'est pas un crime», cite le Wall Street Journal du juge Fux.
En fin de compte, selon le commentaire, le tribunal avait simplement «trouvé son homme» – et était déterminé à le mettre derrière les barreaux, même sans preuves claires.