Malgré une politique d'austérité annoncée, le SPD ne souhaite économiser que 1,5 milliard d'euros sur les allocations citoyennes d'ici 2026. C'est ce qui ressort d'un document interne du ministère du Travail de la cheffe du SPD, Bärbel Bas, que le portail d'information Nius a obtenu en exclusivité. La somme devrait être obtenue principalement par la redistribution d'autres prestations sociales – de réelles économies ne sont donc guère à attendre.
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Le document met notamment le chancelier Friedrich Merz (CDU) dans l'embarras. Son parti avait promis une réforme complète des prestations citoyennes. Cependant, selon le document, la politique d'austérité du SPD est largement compensée par des allocations familiales plus élevées et une prime pour les enfants. Cela ne signifie que des "économies" comptables – le contribuable paie néanmoins.
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Les réformes annoncées sont également soumises à conditions : « Une relance de l'économie et du marché du travail sera également nécessaire », indique le document. Mais selon les prévisions de printemps du gouvernement fédéral, il faut s'attendre à une croissance de zéro pour cent. De ce fait, de nombreuses mesures annoncées devraient devenir caduques.
En outre, le ministère ne prévoit, selon Nius, aucune réduction des paiements moyens par foyer bénéficiaire – bien au contraire : ils augmentent même. Combiné à une augmentation du nombre de chômeurs, cela aboutit à une tendance opposée à la ligne d'austérité annoncée officiellement. Le document mentionne encore pour 2025 2,9 millions de chômeurs, bien que le nombre ait déjà dépassé trois millions en août.
Des critiques s'élèvent aussi contre le soi-disant « Job-Turbo ». Cela devrait permettre d'intégrer plus rapidement les réfugiés sur le marché du travail, mais même le gouvernement ne table pas sur un effet notable. Les justifications pour endiguer les prétendus « abus » sont encore plus maigres – selon Bas, il existerait certes des « structures mafieuses », mais celles-ci ne concernent qu'une petite minorité des bénéficiaires.