Sous la direction de la conseillère fédérale Viola Amherd, le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) a attribué des mandats d'une valeur de 2,5 millions de francs au cabinet Homburger pour élaborer des expertises sur des transactions d'armement délicates. Le Tages-Anzeiger a récemment révélé les consultations qui avaient été gardées sous le boisseau jusqu'à présent et leur coût pour le contribuable.
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Mais ce n'est pas tout. Le cabinet Homburger, qui est spécialisé dans les acquisitions d'entreprises ou les questions fiscales et financières, admet lui-même qu'il n'a en réalité aucune expertise en matière de transactions d'armement. Dans un rapport qu'Amherd avait commandé à un prix prétendument «fixe» pour l'acquisition des avions de combat F-35, les avocats bien rémunérés se dédouanent de toute responsabilité.
Ils écrivent : "Nous signalons que les contrats d'acquisition sont soumis au droit américain et potentiellement aussi au droit international. Ne disposant pas d'une expertise à cet égard, nos évaluations reposent sur le libellé des documents pertinents et des principes généraux du droit contractuel."
Que les avocats d'Homburger n'aient «aucune expertise» est démontré par le rapport lui-même. Ils rassurent la cheffe du DDPS, Amherd, que le risque de hausse des coûts pour les avions de combat commandés repose «fondamentalement sur le fabricant», soit la société américaine Lockheed Martin. Ce conseil s'est révélé après coup aussi coûteux qu'erroné.
Le conseiller fédéral du centre Martin Pfister, successeur d'Amherd au DDPS, a dû admettre lors d'une conférence de presse mercredi que le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, lui avait clairement fait savoir lors d'un entretien téléphonique que les États-Unis interprétaient le «prix fixe» différemment.
Ainsi, le gouvernement américain transfère les avions à la Suisse au même prix qu'il les obtient du fabricant. Or, ce prix peut être fortement influencé par des facteurs tels que l'inflation ou les problèmes de chaîne d'approvisionnement.
Pfister envisage maintenant de vérifier si la Suisse achètera moins d'avions au même prix ou si un crédit supplémentaire sera adopté. Il veut également réexaminer la stratégie de défense aérienne. À cet effet, le nouveau chef du DDPS souhaite mettre en place un groupe de travail interne au département. Est-ce que Homburger sera consulté?