Le professeur allemand de droit international Matthias Herdegen estime que les frappes militaires des États-Unis et d’Israël contre l’Iran sont, sous certaines conditions, justifiables au regard du droit international. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Die Zeit, Herdegen a invoqué le droit des États à la légitime défense tel qu’il est prévu par la Charte des Nations unies.
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La Charte reconnaît aux États le droit de se défendre contre une attaque en cours ou imminente, a déclaré Herdegen. Il est toutefois controversé de savoir à quel moment une telle attaque doit être attendue pour que la défense préventive soit admissible. C’est précisément sur ce point que s’appuie l’argumentation des États-Unis et d’Israël.
Herdegen a fait référence au programme nucléaire iranien ainsi qu’aux menaces proférées par Téhéran à l’encontre d’Israël. Il serait «tout simplement inacceptable» d’exiger d’un État qu’il attende que les missiles adverses soient opérationnels. Une seule arme nucléaire pourrait déjà menacer l’existence d’Israël.
Le juriste a en même temps souligné qu’il existait des divergences d’opinion au sein de la doctrine du droit international. «On peut ici défendre, pour de bonnes raisons, des points de vue différents.» Il est donc problématique de qualifier l’intervention militaire de manière générale de violation évidente ou la plus grave du droit international.
La participation des États-Unis pourrait également être justifiée par la légitime défense collective. La Charte des Nations unies permet aux États d’apporter un soutien militaire à un pays agressé.
En revanche, un changement de gouvernement en Iran ne pourrait constituer un motif juridique de guerre, a déclaré Herdegen. Un tel changement de pouvoir est toutefois souvent la conséquence d’interventions militaires contre des régimes autoritaires.