Juste avant le sommet UE-Chine, le ton monte entre Bruxelles et Pékin : le gouvernement chinois a réagi avec des contre-mesures face au dernier paquet de sanctions de l'UE contre la Russie. En arrière-plan se trouve la décision de l'UE de cibler, pour la première fois dans le 18e paquet de sanctions, également des entreprises chinoises et deux instituts financiers. Selon Bruxelles, ceux-ci soutiendraient directement ou indirectement la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine, rapporte l'ARD.
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Le ministère du Commerce à Pékin a parlé d'« accusations inventées » et a averti qu'il prendrait « des mesures pour protéger les droits légitimes des entreprises chinoises ». Le pas dommage les relations commerciales et financières et devrait être immédiatement annulé.
Bruxelles a adopté les nouvelles mesures punitives la semaine dernière. Elles concernent entre autres des entreprises qui auraient fourni à la Russie des composants à double usage. La liste des sanctions a été élargie pour inclure de nombreuses entreprises de pays tiers – y compris plusieurs de Chine.
Le désaccord survient dans un contexte de relations déjà tendues : Pékin avait déjà protesté contre les droits de douane européens sur les voitures électriques chinoises. L'UE justifie ceux-ci par des « subventions déloyales ». En outre, Bruxelles craint que les produits chinois, dans le cadre du conflit commercial avec les États-Unis, n'arrivent de plus en plus en Europe à des prix de dumping.
Le sommet UE-Chine se tiendra jeudi à Pékin. Selon des diplomates de l'UE, le président du Conseil António Costa et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen souhaitent discuter avec le chef d'État Xi Jinping de la guerre en Ukraine, de la situation au Moyen-Orient ainsi que de la politique d'exportation de la Chine.