Conseiller aux États Beat Rieder (Centre/VS) met en garde dans la NZZ contre une approbation de l'accord énergétique prévu avec l'UE. Celui-ci n'est « pas mûrement négocié » et doit être rejeté par le Parlement. En ce qui concerne les nouveaux accords-cadres avec l'UE, il demande que l'on prenne plus de temps.
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Rieder évalue particulièrement de manière critique l'adoption dynamique du droit. Avec les soi-disant Bilatérales III, un ensemble contractuel se crée pour la première fois, « où le partenaire le plus fort peut développer unilatéralement le contenu », tandis que la Suisse doit adopter ces changements. C'est « quelque chose de totalement nouveau » et non comparable aux accords bilatéraux précédents.
Au centre des critiques se trouve l'accord énergétique et ses conséquences pour l'hydroélectricité. Certes, le traité contient formellement des exceptions pour les droits d'eau, mais celles-ci ne sont pas juridiquement garanties.
Le traité contient des réserves en faveur du droit de l'UE, ce qui permet des interventions futures. Les déclarations du Conseil fédéral, affirmant que l'on se défendra en cas de conflit, sont jugées insuffisantes: « Si nous devons engager une procédure contre l'UE, nous sommes déjà dans une position intenable. »
Particulièrement délicat est le risque que les concessions pour les droits d'eau doivent à l'avenir être mises en appel d'offres à l'échelle de l'UE. Ainsi, les cantons ne pourraient plus exploiter leur hydroélectricité eux-mêmes, et même la redevance d'eau serait mise en question.
Rieder rejette l'accusation selon laquelle il représenterait principalement les intérêts valaisans. Il s'agit de la sécurité d'approvisionnement de toute la Suisse: « Si nous perdons notre indépendance dans le domaine de l'énergie, nous ne sommes plus un État souverain. »
Il reconnaît certes des aspects positifs dans l'accord, notamment en termes de régulation du réseau, mais « les éléments négatifs l'emportent massivement ». Dans l'ensemble, Rieder met en garde contre une perte des droits de participation parlementaires, comme le montre l'exemple de la Norvège.
Il considère qu'un vote populaire dès 2027 est « irréaliste ». Les accords ont une portée constitutionnelle et doivent nécessairement être soumis à l'approbation des cantons. « Il ne peut pas être que nous devions d'abord consulter Bruxelles pour chaque décision de politique économique. »