Berlin prévoit une initiative au Bundesrat pour introduire une obligation d’accepter des moyens de paiement numériques dans les transactions commerciales. L’objectif est que les commerçants doivent proposer, en plus des espèces, au moins un moyen de paiement électronique, par exemple dans les snacks, les barber shops ou les kiosques. C’est ce qu’a rapporté le journal Bild.
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Le chef de la fraction CDU, Dirk Stettner, justifie cette initiative par la lutte contre la fraude fiscale et le travail au noir. «Je ne vois aucune autre raison pour laquelle quelqu’un insiste sur le paiement en espèces, si ce n’est pour vouloir travailler en contournant l’impôt», a-t-il déclaré. L’initiative vise à amener l’État fédéral à adapter le Code civil ou le Code du commerce.
Selon les estimations, l’État perd chaque année des milliards d’euros dans les secteurs où les paiements en espèces sont particulièrement répandus. Rien que pour la TVA et l’impôt sur les bénéfices, les pertes sont estimées entre dix et quinze milliards d’euros. En incluant d’autres prélèvements, le préjudice total pourrait, selon la «Welt am Sonntag», s’élever à environ 70 milliards d’euros par an.
Il n’existe jusqu’à présent aucune obligation d’accepter les moyens de paiement numériques. Les commerçants ne sont toutefois pas autorisés à facturer des frais supplémentaires pour les paiements par carte. Selon les projets de Berlin, des exceptions ne sont prévues que dans des cas limités, par exemple en l’absence d’infrastructures ou dans des situations de rigueur particulières.
L’association professionnelle Dehoga renvoie aux coûts supplémentaires et aux obstacles techniques, en particulier dans les zones rurales. Le ministère fédéral des Finances travaille, selon ses propres déclarations, à une «mise en œuvre peu bureaucratique» des dispositions correspondantes. Parallèlement, l’introduction d’un euro numérique est préparée au niveau européen.