La Commission européenne souhaite accorder un nouveau prêt de plusieurs milliards à l'Ukraine – en s'appuyant sur des avoirs russes gelés, rapporte le Financial Times. Cependant, l'initiative rencontre une résistance en France et dans d'autres États membres fortement endettés. Ils craignent une charge supplémentaire sur leurs finances publiques.
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Concrètement, les intérêts des fonds russes détenus par Euroclear doivent servir de base à ce qu'on appelle un « prêt de réparation » de 140 milliards d'euros. Les prêts devraient être garantis par des garanties nationales – dont l'ampleur et la répartition sont encore incertaines. Un diplomate français a précisé: Paris veut s'assurer que le projet soit « conforme au droit international », qu'une « répartition équitable des risques soit garantie » et qu'il « n'affecte pas notre budget national ».
Pour apaiser la France, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a annoncé qu'une partie du prêt serait utilisée pour les achats d'armements « en et avec l'Europe ». Parallèlement, l'Ukraine devra fournir des assurances que les fonds ne disparaîtront pas dans la corruption, selon Paris.
Le versement doit se faire en tranches et être soumis à des conditions – y compris des réformes pour lutter contre le népotisme. L'Allemagne a récemment abandonné son refus antérieur: le chancelier Friedrich Merz a exprimé son soutien à ce projet dans une tribune pour le Financial Times – ce serait un « levier efficace » pour amener Poutine à la table des négociations.