C’est l’un des principaux arguments du Conseil fédéral en faveur des nouveaux accords avec l’UE: si le peuple ne les accepte pas, il devra en payer le prix économique – à hauteur de centaines de milliards de francs si les accords bilatéraux I venaient à disparaître.
Peter Klaunzer/Keystone
Ce scénario catastrophe est contesté par des économistes renommés autour du professeur de finances fribourgeois Mark Schelker, dans une expertise commandée par l’association d’entrepreneurs Autonomiesuisse. «Les effets positifs des Bilatérales sont fortement surestimés, tandis que les coûts effectifs sont nettement sous-estimés», affirme Schelker. L’immigration profiterait en premier lieu aux immigrés eux-mêmes – les Bilatérales comme instrument de redistribution. Le bénéfice économique pour la population résidente serait «pratiquement négligeable».
Schelker et son équipe mettent en lumière des erreurs méthodologiques dans les études sur lesquelles s’appuie le Conseil fédéral. Outre les aspects économiques, les chercheurs de Swiss Economics mettent également en garde contre de graves conséquences politiques des accords avec l’UE: leur noyau institutionnel, la reprise dynamique du droit, agirait comme un «bypass démocratique». Les soi-disant mesures compensatoires de Bruxelles, au cas où la Suisse ne se plierait pas aux exigences, auraient un «effet dissuasif» qui entraverait fortement l’exercice des droits démocratiques tels que le référendum.
Il existe des moyens bien meilleurs de renforcer la place économique suisse que ces accords défavorables pour la Confédération et son indépendance, par exemple une modernisation de l’accord de libre-échange ou un développement du principe du Cassis de Dijon, selon lequel les produits fabriqués et mis sur le marché légalement dans un État peuvent en principe être vendus dans tous les autres États.