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La Présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter (FDP) et le ministre de l'Économie Guy Parmelin (SVP) volent à Washington et s'efforcent d'éviter à l'industrie exportatrice suisse la taxe douanière de 39% décidée par Trump. Comment amener le président américain à changer d'avis? Keller-Sutter doit absolument essayer de se rapprocher du vice-président de Trump, JD Vance. Après tout, elle était la seule politicienne en fonction dans toute l'Europe à avoir loué son discours à la Conférence de sécurité de Munich - à juste titre d'ailleurs. La Suisse doit maintenant utiliser tous les moyens possibles. Ignazio Cassis n'est pas du voyage. Que le ministre des Affaires étrangères ne soit pas du voyage peut avoir des raisons diplomatiques et formelles. Mais le conseiller fédéral FDP n'est pas seulement absent maintenant, à ces heures décisives, il l'a été dès le début pour ce dossier de politique extérieure si important pour la Suisse. Ignazio Cassis, un ministre des Affaires étrangères seul chez lui. Selon le DFAE, il a été conseillé au chef de se manifester auprès de son homologue américain, le secrétaire d'État Marco Rubio, dans les jours précédant l'annonce de Trump. Cassis a renoncé à le faire, par crainte que Rubio ne lui demande des concessions sur la politique au Moyen-Orient. Les États-Unis sous Trump et Rubio soutiennent le combat d'Israël contre les terroristes du Hamas. Cependant, Cassis a depuis longtemps cédé à la pression de son corps diplomatique et a envoyé peu avant la décision douanière de Trump une diplomate à New York pour participer au nom de la Suisse officielle à une conférence de l'ONU en faveur d'une solution à deux États - et donc indirectement contre Israël. Rubio et les États-Unis avaient entre-temps boycotté la conférence. Déjà en mars, le secrétaire d'État américain aurait fait annuler une conférence sur les droits de l'Homme sur le conflit au Moyen-Orient à Genève. Cassis et ses hommes du DFAE, le secrétaire d'État Alexandre Fasel, ainsi que son adjoint Patric Franzen, n'ont jamais trouvé de connexion avec l'administration Trump. Le Département des affaires étrangères n'a d'abord pas vu venir le train Trump, puis l'a manqué. Avant l'élection de Trump, les diplomates du DFAE avaient préparé des félicitations officielles, celles adressées à Trump furent plus courtes et bien moins chaleureuses que le projet pour la gauche Kamala Harris. Pendant que Trump s'installait à Washington, Cassis et ses principaux collaborateurs étaient surtout occupés avec l'UE, avec une concentration totale sur Bruxelles. Ce n'est qu'après la première annonce de Trump de soumettre la Suisse à de lourdes taxes douanières que le DFAE a réagi. Cassis a mis en place une task-force et a envoyé l'ambassadeur Gabriel Lüchinger en tant qu'envoyé spécial à Washington. «La Suisse doit maintenant saisir toutes les opportunités», déclare l'ancien ambassadeur Thomas Borer, «l'une d'entre elles est que Cassis appelle son homologue Rubio». Cassis doit demander à Rubio de faire part à Trump de l'importance des négociations douanières et d'intervenir en faveur de la Suisse. «Je me demande pourquoi cela n'est pas déjà arrivé», dit Borer en regardant vers Washington. Que Cassis n'ait pas appelé Rubio a une raison simple : les deux ministres des Affaires étrangères ne sont pas responsables des négociations douanières, explique-t-on au DFAE sur demande. Jusqu'à jeudi prochain, la Suisse a le temps de convaincre Trump.