Le vice-chancelier Lars Klingbeil a exclu toute participation de l’Allemagne à la guerre contre l’Iran et a vivement critiqué l’intervention militaire des États-Unis. « Je le dis très clairement: ce n’est pas notre guerre. Nous ne participerons pas à cette guerre », a déclaré le politicien du SPD dans une interview avec le Redaktionsnetzwerk Deutschland.
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Klingbeil a en même temps mis en garde contre une érosion des règles internationales. « Je vois un grand danger: celui de glisser de plus en plus dans un monde où il n’y a plus de règles. Nous ne voulons pas vivre dans un monde où seul le droit du plus fort s’applique », a-t-il déclaré. Il a en outre exprimé de « grands doutes quant au fait que cette guerre soit légitimée par le droit international ».
Avec cette position, le vice-chancelier s’oppose au chancelier fédéral Friedrich Merz, qui avait auparavant déclaré que le gouvernement fédéral partageait les objectifs des États-Unis et d’Israël dans la lutte contre le programme nucléaire et de missiles iranien ainsi que contre le soutien de Téhéran aux groupes terroristes.
Dans le même temps, Klingbeil a qualifié le régime iranien de menace pour la région. « Je ne verse pas une larme sur la clique dirigeante des mollahs qui a été tuée par les attaques. Ce régime est un régime de terreur qui menace Israël et toute la région », a-t-il déclaré.
Le vice-chancelier a également exprimé des doutes quant à la perspective d’un changement politique rapide à Téhéran. Même si certaines figures dirigeantes étaient éliminées, le système serait suffisamment stable pour faire émerger des successeurs. Un changement de régime est donc loin d’être assuré.
En ce qui concerne les conséquences économiques, Klingbeil a mis en garde contre une hausse des prix de l’énergie à la suite du conflit. Les récentes augmentations du prix du carburant touchent les navetteurs, les familles et les entreprises. Le gouvernement fédéral examine donc s’il est possible d’agir, au moyen du droit de la concurrence, contre d’éventuelles exagérations de prix de la part des compagnies pétrolières.
Parallèlement, le politicien du SPD a appelé au sang-froid. Les risques pour l’inflation, l’économie et le commerce international sont certes réels, mais des prévisions hâtives sur l’évolution future relèvent de la spéculation. L’essentiel est maintenant de « garder la tête froide ».