Lorsque le coronavirus a commencé, Ueli Maurer était déjà membre du Conseil fédéral depuis onze ans et avait 70 ans. On sait que les mesures allaient trop loin à ses yeux et qu’il ne les a acceptées qu’en rechignant.
Il ne pouvait pas, à lui seul, changer la politique sanitaire liée au Covid. Une démission par protestation aurait donc été un signal fort.
Peter Klaunzer/Keystone
Lorsque, à Bruxelles, il a dû signer l’accord entre la Suisse et l’UE, Guy Parmelin était déjà membre du Conseil fédéral depuis dix ans et avait 66 ans. On sait qu’il considère personnellement cet acte de soumission comme une erreur et qu’il ne l’a accepté qu’en rechignant.
Il ne pouvait pas, à lui seul, empêcher la signature. Une démission par protestation aurait donc été un signal fort.
Au Conseil fédéral, le principe de collégialité s’applique. On assume la décision de la majorité même lorsqu’on appartient à la minorité. Et bien sûr, on ne peut pas toujours prendre la fuite dès que l’on perd avec sa propre opinion.
Mais n’existe-t-il pas aussi quelque chose comme un seuil de tolérance politique?
Pendant la période du Covid, Ueli Maurer a enfilé une chemise des « Freiheits-Trychler ». À Bruxelles, Guy Parmelin a pris pour les photographes un air comme s’il avait bu du vin aigre. Ce sont là de jolis signaux subtils, mais pas des signes forts capables de changer quelque chose.
Pourquoi les conseillers fédéraux suisses ne profitent-ils pas, au moins lorsqu’ils ne resteront de toute façon plus très longtemps, de l’occasion de partir avec panache en déclarant: « Jusqu’ici et pas plus loin, en tout cas pas avec moi »?
Ils pourraient ainsi alimenter le débat dans le sens qui leur convient. Ils pourraient montrer clairement que leurs principes comptent davantage pour eux que leur fonction.
Et enfin, ils s’assureraient aussi une place dans les livres d’histoire.