Le récent sondage sur l'initiative durable de l'UDC – mieux connue sous le titre «Pas une Suisse à 10 millions» – inquiète de nombreux gauchistes et bien-pensants dans le pays, y compris le co-président du PS Cédric Wermuth. En effet, la proposition est bien accueillie par les électeurs, même ceux de gauche. Le Weltwoche rapporte.
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Ainsi, le chef camarade, désorienté, se défend dans une interview avec le Tages-Anzeiger – comme un somnambule que l'on réveille un peu trop brusquement.
Wermuth idéalise l'immigration, comme le font ceux qui vivent dans un univers où l'on croit que plus de gens apporte automatiquement plus de prospérité. C'est tout le contraire – quiconque cherche un logement ou doit chaque jour se presser dans un compartiment de train bondé s'en rend bien compte.
Il y a de plus des études qui montrent que plus d'immigration ne nous convient pas mieux, mais diminue notre prospérité.
Mais surtout, cette évolution s'entraîne désormais elle-même. De plus en plus de nouveaux arrivants signifient que nous avons besoin de plus en plus de travailleurs qualifiés pour les encadrer. C'est une spirale fatale, déclenchée par la libre circulation des personnes.
Le chef camarade est complètement à côté de la plaque avec sa déclaration selon laquelle, si l'initiative de l'UDC était acceptée, les personnels soignants manqueraient, ce qui entraînerait l'administration de sédatifs aux personnes âgées dans les maisons de retraite. Le problème n'est toutefois pas principalement le manque de personnel qualifié, mais les conditions de travail dans les maisons de soins. Quand les salaires et les conditions d'emploi sont bons, ces établissements trouvent facilement suffisamment de personnel motivé.
La tendance n'est de toute façon pas à plus de personnel soignant, mais à la robotique, comme on peut le voir au Japon. Qu'une aide-soignante, qui parle à peine l'allemand, ou une machine apporte la nourriture finit par ne pas faire de grande différence.
Et d'ailleurs: pourquoi Wermuth ne s'inquiète-t-il pas du manque ou de la surcharge des personnels soignants lorsque des personnes malades et dépendantes sont amenées de Géorgie, de la bande de Gaza ou de camps de réfugiés de l'ONU pour être généreusement prises en charge médicalement dans notre pays?
L’interview devient surréaliste quand le co-président du PS s’appuie précisément sur le groupement économique – pour ainsi dire l’ennemi de classe – pour soutenir sa thèse de gauche. « Economiesuisse estime la pénurie de main-d'œuvre dans dix ans à 460’000 personnes. C’est l'une des raisons pour lesquelles les entreprises industrielles cherchent d’autres lieux d’implantation – parce qu’elles ne trouvent plus en Suisse les travailleurs dont elles ont besoin », affirme Wermuth, probablement sans rougir.
Car la désindustrialisation de la Suisse n'est pas la conséquence d'un manque de main-d'œuvre qualifiée, mais du franc fort et des coûts de production élevés. Tout le monde le sait bien – sauf manifestement Wermuth.