Lorsque le président de la Confédération Guy Parmelin rencontrera probablement le président américain Donald Trump la semaine prochaine au WEF à Davos, c'est avant tout une chose: une opportunité. Pour un petit pays comme la Suisse, chaque conversation directe avec l'homme le plus puissant du monde est une aubaine diplomatique. Surtout en temps troublés, il est essentiel que quiconque peut dialoguer exerce une influence.
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Mais c'est précisément à ce moment-là que le PS fait obstruction. Au lieu de soutenir le ministre de l'économie de l'UDC, il utilise la visite de Trump pour exprimer une indignation morale - affaiblissant ainsi délibérément la position de la Suisse. Le co-président du PS, Cédric Wermuth, déclare: « Après la grave infraction à l'interdiction de la violence en droit international et aux principes de la Charte des Nations Unies, le Forum économique mondial aurait dû exclure le président américain Donald Trump. »
Le chef socialiste se réfère à l'arrestation par l'armée américaine de l'ancien président socialiste Nicolás Maduro au Venezuela. Trump piétine l'ordre juridique international. Parallèlement, on parle de « structures paramilitaires » aux États-Unis.
Le choix des mots est criard, le ton apocalyptique - l'utilité diplomatique est nulle. Ce qui est surtout remarquable: cette critique vient d'un parti au Conseil fédéral. Le PS partage la responsabilité de la politique étrangère et l'affaiblit publiquement. Tandis que Parmelin tente à Davos de représenter les intérêts suisses, son propre parti gouvernemental s'oppose de manière démonstrative.
C'est politiquement irresponsable. La politique étrangère n'est pas un séminaire moral, mais une représentation des intérêts. Cela ne fonctionne que si l'on dialogue - même avec des gouvernements qui ne correspondent pas idéologiquement à nos vues.
Le signal envoyé à l'étranger est encore plus problématique. Si un parti gouvernemental désavoue publiquement son propre président de la Confédération avant une rencontre importante, pourquoi devrait-on encore prendre la Suisse au sérieux?
Le PS devrait normalement en tirer les conséquences. Soit il assume la responsabilité gouvernementale - soit il fait de la politique d'opposition. Faire les deux en même temps est impossible.