Sous Viola Amherd, le département de communication du Département fédéral de la défense (DDPS) a constamment grandi. Fin 2023, selon la NZZ, il y avait pas moins de 95 (!) postes à plein temps, destinés à présenter l'ancienne cheffe du DDPS sous le meilleur jour possible.
© KEYSTONE / ANTHONY ANEX
À titre de comparaison : dans l'équipe du Tages-Anzeiger à la Maison fédérale, sept rédacteurs travaillent à éclairer de manière critique le travail d'Amherd (ainsi que celui des autres conseillers fédéraux). Pour un journaliste du Tagi, il y a 13 personnes en PR rien qu'au DDPS.
Le déséquilibre des forces va cependant encore plus loin. Viola Amherd, en tant que cheffe du DDPS, a dépensé 175’000 francs provenant des contribuables en l'espace de deux ans pour payer des avocats du cabinet Homburger afin de contrer des enquêtes indésirables.
Les juristes externes ont conseillé le DDPS pour ce montant suite à des requêtes de journalistes qui, en vertu de la loi sur la transparence, demandaient des documents sensibles issus du DDPS. En général, chaque département dispose de ses propres juristes pour répondre à ce type de demandes.
Ces questions portent entre autres sur quelles informations le gouvernement peut, veut, doit divulguer, et jusqu'où il est prêt à aller dans la confrontation avec les journalistes. Toutes ces barrières, justifiées ou non, compliquent le travail des journalistes.
Il n'est pas sans ironie que ce soit précisément Amherd qui ait utilisé l'argent des contribuables pour s'opposer au travail des journalistes locaux. Elle-même souhaitait faire interdire les chaînes russes comme Russia Today ou Sputnik en Suisse, car elles seraient contrôlées par le Kremlin.
À la fin de son mandat, elle a également annulé un rendez-vous pour une interview avec les journaux de CH Media parce que leur cheffe de rédaction à la Maison fédérale avait exprimé des critiques contre elle dans un autre article. À titre de comparaison : le département national et les rédactions de la Maison fédérale de CH Media emploient au total 12 rédacteurs.
Que les contribuables aient pu apprendre qu'Amherd utilisait également leur argent pour combattre le quatrième pouvoir est grâce à deux journalistes du Tages-Anzeiger. Ils ont découvert, via la loi sur la transparence, qu'Amherd avait payé un total de 2,5 millions de francs entre 2021 et début 2025 au cabinet Homburger pour des conseils, principalement sur des projets d'armement.