Lima - C’est une politique des petits pas. Mais la direction est claire: le Venezuela doit redevenir la démocratie libérale qu’il était avant le régime Chávez-Maduro. Les signes d’une fin non sanglante de la dictature socialiste dans les Caraïbes sont encourageants.
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Avec la destitution du chef de l’armée Vladimir Padrino, la présidente intérimaire Delcy Rodríguez a mis sur la touche l’une des figures clés du régime Maduro. Le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, tête centrale de la dictature, est certes toujours en fonction, mais son émission de télévision a été annulée. Les apparitions publiques de Cabello sont devenues rares et se limitent à son rôle de leader du parti socialiste, qui gouverne encore formellement mais a de facto été privé de son pouvoir.
La semaine dernière, la cheffe de l’opposition Maria Corina Machado a rouvert le bureau de son parti à Caracas, et lundi a suivi la réouverture de l’ambassade des États-Unis à Caracas. Dès le 26 mars, le Venezuela avait hissé son drapeau au-dessus de son ambassade à Washington. C’est avant tout une bonne nouvelle pour le million de Vénézuéliens qui vivent aux États-Unis et peuvent désormais à nouveau bénéficier de services consulaires. De manière informelle, les échanges diplomatiques battent déjà leur plein.
Comme l’a déclaré mardi le secrétaire d’État américain Marco Rubio après une longue rencontre avec Machado, il considère la première phase de son plan en trois points – la stabilisation politique du Venezuela – comme achevée. Dans l’actuelle phase deux, l’économie doit être remise sur pied et ouverte aux investisseurs étrangers.
Le moment où la troisième et dernière phase de la transition – des élections libres – doit être lancée reste toutefois indéterminé. Marco Rubio a toujours refusé de fixer des dates. Les progrès seraient «exceptionnels», mais la condition préalable à des élections est le libre retour de l’opposition et la libération de tous les prisonniers politiques. Selon l’organisation de défense des droits humains Foro Penal, 503 prisonniers politiques sont toujours détenus au Venezuela, parmi eux 173 militaires et 49 étrangers. 758 dissidents ont été libérés jusqu’à présent.
Cette semaine, le département d’État américain a retiré la présidente intérimaire Delcy Rodríguez de la liste des sanctions. Une visite aux États-Unis est annoncée, mais aucune date n’a été fixée. Les sanctions contre la compagnie pétrolière d’État PDVSA ont également été assouplies. La pression demeure toutefois. La crainte que le régime socialiste de Caracas joue la montre et ne respecte pas les accords est, au vu de toutes les expériences passées, plus que fondée.