Parfois, il est très éclairant d'entendre le point de vue de l'autre partie. Alors que le Conseil fédéral suisse présente la soi-disant clause de sauvegarde dans le cadre du nouveau contrat d'association institutionnelle avec l'UE comme un moyen efficace contre une pression migratoire excessive, l'UE le contredit fondamentalement. Andreas Schwab, député européen des chrétiens-démocrates allemands et président de la délégation du Parlement européen responsable de la Suisse, démasque les assurances et les promesses du Conseil fédéral comme de la pure propagande. Lorsqu'on lui demande s'il pourrait imaginer un cas dans lequel la Suisse pourrait activer la clause de sauvegarde, et quel devrait alors être le taux de chômage, la NZZ am Sonntag a répondu: « Une fixation concrète est peut-être difficile, mais je verrais le seuil plutôt au-dessus de 50 %. » Il faut entendre et s'étonner: un chômage de plus de 50 % en Suisse! Ce n'est qu'alors, selon le représentant de l'UE, que la Suisse pourrait envisager d'invoquer la clause de sauvegarde avec une certaine chance de succès. Mais Schwab en dit encore plus. Il croit qu'« un tel cas pourrait se produire », même « s'il n'est pas réaliste de penser que cela se produira au cours des vingt prochaines années ». Hop là. On ne peut qu'en conclure: si la Suisse signe le contrat d'association avec l'UE, sa situation se dégradera à tel point que plus de la moitié de la population n'aura plus d'emploi dans un avenir prévisible. Mais même alors, même dans ce scénario cauchemardesque que l'Allemand évoque, il serait encore difficile pour la Suisse, selon Schwab, de faire activer la clause de sauvegarde; elle devrait démontrer selon le texte du contrat des « perturbations graves ». « Ce qui », selon Schwab, « est bien sûr un terme juridique ouvert. » Encore des questions?