Encore une fois, le gouvernement de la Confédération se révèle être une fabrique de fausses nouvelles. Il s'avère que le Conseil fédéral a manipulé la présentation et la communication des résultats de la consultation sur les traités avec l'UE. En décembre, alors qu'il prenait position sur la consultation, le Conseil fédéral n’a pas mentionné la question de la double majorité dans le communiqué de presse officiel. Même le conseiller fédéral responsable, le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis, n'a pas abordé ce sujet important lors de la conférence de presse. Pourtant, la consultation a révélé des informations très importantes à ce sujet.
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Comme le montre le rapport sur les réponses à la consultation publié en décembre, la majorité des participants à la consultation permanente (cantons, partis, associations faîtières) ainsi que d'autres cercles intéressés (associations, fondations, universités, etc.) sont favorables au référendum obligatoire. 45 des 83 participants sont pour la double majorité, 38 contre. Cela signifie: 54 % s'opposent à la proposition du Conseil fédéral, 46 % suivent le gouvernement sur ce point. Pourtant, le Conseil fédéral a soigneusement dissimulé cette information.
En omettant intentionnellement des faits pertinents, le Conseil fédéral effectue des activités d'influence dans le domaine de l'information, qu'il prétend pourtant toujours combattre. Il est possible qu'il enfreigne également ses obligations d'information, selon lesquelles il doit informer les électeurs en se conformant notamment au principe de "l'exhaustivité". Le président du Conseil des États actuel, Stefan Engler (centre), avait donc raison lorsqu'il accusait le gouvernement dès l'été dernier de faire de la propagande sur le dossier européen.
C’est Arno Schmocker, journaliste du magazine «Finanz und Wirtschaft», qui a découvert et révélé cette information issue du rapport de 120 pages, reprise par le «Nebelspalter». Les médias privés révèlent ce que le Conseil fédéral cache et ce que la SRG financée par des redevances obligatoires couvre (?) ou n'a du moins pas encore remarqué. Pourquoi le Conseil fédéral et avant tout Cassis voulaient que la réponse à la consultation sur la double majorité reste non mentionnée dans le communiqué de presse, cela semble évident.
Le mode de vote pourrait jouer un rôle décisif quant à l'approbation d'un accord lors d'un scrutin. Pour abaisser le plus possible le seuil, le Conseil fédéral veut, comme l’a lui-même admis Cassis, soumettre les traités uniquement à un référendum facultatif. Cela signifie: une majorité du peuple suisse suffirait, si un vote avait lieu. Le référendum devrait, étant donné qu'il est facultatif, être lancé.
D'un autre côté, il est possible pour des raisons politiques (et non juridiques) de soumettre l'accord à un référendum obligatoire. Cela signifie qu'en plus du peuple, la majorité des cantons devrait être en accord, puisque l'accord aurait des conséquences importantes pour le pays. La double majorité augmenterait le seuil pour l'accord, car il faudrait alors plus de voix pour que la moitié des cantons se retrouvent dans le camp du oui.