Lundi, le conseiller fédéral Beat Jans a lancé la campagne de votation contre l’initiative de l’UDC sur les 10 millions. Celle-ci prévoit que le Conseil fédéral prenne des mesures pour stopper l’immigration si celle-ci dépasse la barre des 9,5 millions avant l’année 20250 – ce qui est quasiment certain.
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Si nécessaire, le Conseil fédéral devra également résilier l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’UE si la barre des 9,5 millions reste dépassée et que le Conseil fédéral n’est pas en mesure de présenter des mesures efficaces pour stopper la croissance de la population. La votation aura lieu le 14 juin 2026.
Jans et ses alliés – parmi lesquels des représentants des syndicats de gauche – voulaient montrer lors de la conférence de presse commune à quel point l’initiative nuit à la Suisse. Il est apparu clairement que rien n’effraie davantage le conseiller fédéral socialiste que de devoir renoncer à son amour pour l’UE.
Peu importe à quel point les routes et les trains sont pleins, à quel point les écoles sont mauvaises, à quel point les loyers sont élevés – l’essentiel est que Bruxelles soit satisfaite de Berne. De nombreuses personnes en Suisse se posent pourtant les questions suivantes: combien de place reste-t-il? Combien de personnes la Suisse peut-elle supporter? 12 millions seraient « faisables », avait déclaré un jour le président du PS Cédric Wermuth.
Jans lui-même n’a pas voulu répondre à cette question lors de la conférence de presse. La question d’une limite supportable détournerait du sujet, car l’initiative ne tiendrait pas ses promesses, a déclaré Jans. Les alliés de Jans n’ont pas voulu répondre à la question ou ont éludé.
Markus Dieth, président de la Conférence des gouvernements cantonaux, a parlé d’une « croissance saine et raisonnable ». Il n’a pas précisé de combien de personnes par an il s’agirait.