Le président français Emmanuel Macron veut placer la sécurité de l’Europe sous la protection de l’arsenal nucléaire français et ainsi étendre la dissuasion nucléaire de son pays. Comme il a été indiqué dans l’entourage de l’Élysée, Macron doit présenter, dans un discours de politique générale sur la stratégie nucléaire française, des propositions concrètes visant à intégrer davantage dans une architecture européenne de sécurité l’arsenal d’environ 300 ogives. Le discours est prévu lundi sur la presqu’île de l’Île Longue, où sont stationnés les sous-marins nucléaires français.
Aurelien Morissard/EPA/Keystone
Plusieurs représentants de gouvernements européens, militaires et diplomates ont déclaré au portail Politico qu’ils s’attendaient à des engagements substantiels. Un haut fonctionnaire d’un gouvernement de l’UE a parlé de « grands espoirs », un officier européen d’un « grand changement ». En toile de fond se trouvent la guerre en Ukraine, qui dure depuis cinq ans, ainsi que les doutes quant à la fiabilité des États-Unis sous la présidence de Donald Trump.
L’Allemagne, en particulier, se montre plus ouverte qu’auparavant. Le chancelier fédéral Friedrich Merz a confirmé des discussions sur une coopération plus étroite avec les États dotés de l’arme nucléaire que sont la France et le Royaume-Uni. Dans le même temps, un haut fonctionnaire allemand a précisé que Berlin ne financerait pas un arsenal qui resterait entièrement sous contrôle français.
Paris trace une ligne rouge: la décision concernant un éventuel emploi de l’arme nucléaire doit relever exclusivement de la France. « Au bout du compte, qui appuierait sur le bouton? La France seule », a cité Politico un représentant militaire européen.
Sont notamment envisagées le stationnement de chasseurs Rafale capables d’emporter l’arme nucléaire dans d’autres États européens ou une implication plus forte de partenaires dans les manœuvres françaises. De telles mesures seraient politiquement difficiles à inverser – y compris pour un éventuel futur gouvernement du Rassemblement national de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella.