Le ministre de la Défense, Martin Pfister (Centre), n'était en fonction que depuis quelques mois lorsqu'il a dû répondre, le 2 juillet, devant la Commission de la sécurité du Conseil national (SIK-N), au sujet de ce qu'on appelle le « fiasco du prix fixe ». Cela fait référence au fait que les nouveaux chasseurs américains coûtent nettement plus cher que le prix d'achat de six milliards de francs, constamment répété par l'ancienne ministre de la Défense, Viola Amherd (Centre), en réponse aux questions des parlementaires. Les appareils pourraient coûter jusqu'à 1,3 milliard de plus, comme le conseiller fédéral Pfister l'a récemment confirmé.
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Le conseiller fédéral de Zoug s'est présenté à la SIK avec une armée de hauts fonctionnaires et de généraux. Il était accompagné du chef de l'armée, Thomas Süssli, qui n'a presque rien dit. Faisaient également partie de la délégation le commandant de l'aviation, Peter Merz, le chef des armements Urs Loher, le secrétaire général adjoint du Département de la Défense, Robert Scheidegger, ainsi que le chef de programme de « Air 2030 » pour l'achat du F-35 et des systèmes de défense aérienne basés au sol, Marco Forrer.
Les membres de la commission ont lancé des accusations, car le DDPS n'avait pas informé le Parlement assez rapidement du « malentendu » entre les États-Unis et la Suisse concernant un prétendu « prix fixe » pour les 36 chasseurs. Les parlementaires ont également exigé la remise des trois expertises de deux cabinets d'avocats, destinées à clarifier juridiquement le terme de prix fixe. D'autres ont accusé les hauts fonctionnaires du DDPS de tromperie et de mensonge : le Parlement n'aurait pas été informé intentionnellement de l'état actuel des contrats F-35.
Vers la fin de la discussion animée, le conseiller national PS Fabian Molina a de nouveau pris la parole. Il est l'un de ces conseillers nationaux de gauche qui tentent de tirer parti du tollé suscité par le surcoût des F-35 pour arrêter leur acquisition.
Il a voulu savoir du chef de l'aviation Merz s'il était théoriquement possible (et à quel prix) de prolonger la durée de vie des chasseurs F-18. La question n'était pas aussi innocente qu'elle le semblait. La réponse que Merz lui a donnée, Molina la connaissait depuis longtemps, du moins s'il s'était intéressé ces dernières années à l'acquisition des nouveaux chasseurs. En tout cas, rétrospectivement, il semble que Molina cherchait simplement à piéger Peter Merz.
Le général de l'aviation a répondu aux questions de la manière suivante : c'est techniquement possible, mais il faudrait investir environ un milliard de francs pour prolonger de 1000 heures de vol la durée de vie d'un avion vieux de trente ans. Tous les autres pays utilisateurs du F/A-18 retireraient ce type d'avion d'ici à la fin de cette décennie. La Suisse serait alors le seul pays à encore utiliser le F/A-18. C'est pourquoi on avait déjà conclu il y a longtemps qu'il ne servirait à rien d'investir un milliard dans un système, juste pour l'exploiter cinq ans de plus. Ainsi va-t-il.
Un mois et demi plus tard - probablement les membres de la SIK avaient-ils reçu entre-temps les procès-verbaux écrits de la réunion - , le Blick a transformé les déclarations du chef de l'aviation en un gros titre et en fausses nouvelles : Le chasseur F-35 ne serait alternatif que pour le Conseil fédéral. Le divisionnaire Peter Merz aurait admis devant la commission de sécurité du Conseil national qu'il était « sans problème » de prolonger la durée de vie des F/A-18, comme d'autres États le feraient également, même les USA. Bref : l'article donnait l'impression que le chef de l'aviation Merz était également en faveur d'un arrêt de l'exercice de l'acquisition des chasseurs.
Or, le commandant des forces aériennes n'a jamais fait une déclaration telle qu'elle a été décrite par le Blick. Au contraire : concernant les États-Unis, il a dit que la Marine n'avait plus le chasseur F/A-18, seuls les Marines voleraient encore un peu avec. Merz a clairement fait comprendre qu'il n'y avait pas d'alternative aux F-35. Ce type d'avion est supérieur à tous les autres avions évalués.
Conclusion : les fausses nouvelles provenant de la maison Ringier n'avaient d'autre but que de saboter l'acquisition du F-35, tout comme le conseiller national PS Fabian Molina ou l'ancien président des Verts, Balthasar Glättli, l'avaient prévu dès le début.