Deux ans avant les prochaines élections du Conseil national, le nombre de sièges au Conseil national pour les prochaines élections est déterminé – sur la base de l'évolution des populations dans les cantons. Pour les élections du Conseil national du 24 octobre 2027, le nombre d'habitants permanents à la fin de 2024 est déterminant. Lors de ces élections, un siège de plus sera à pourvoir dans les cantons de Lucerne et de Fribourg qu'auparavant. Les cantons de Berne et des Grisons perdront chacun un siège.
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Conformément à la Constitution fédérale, les 200 sièges du Conseil national sont pourvus tous les quatre ans par le peuple lors d'une élection directe selon le système de représentation proportionnelle, les cantons étant les circonscriptions électorales (art. 149 Cst.). Les sièges du Conseil national sont répartis entre les cantons en proportion de leur population, chaque canton ayant toutefois droit à au moins un siège.
Dans les circonscriptions où un seul membre du Conseil national doit être élu, l'élection se déroule selon le système majoritaire. La procédure de répartition des sièges est régie par l'article 17 de la loi fédérale sur les droits politiques (LDP).
Lorsque cette procédure électorale et la détermination des sièges du Conseil national par canton ont été inscrites dans la Constitution, la proportion d'étrangers dans la population totale n'était qu'une fraction des 27,4 % actuels (1951: 6,4 %; 1970: 16,2; 1990: 16,7; 2010: 22,3). Étant donné que le nombre de mandats est déterminé en fonction de la population totale – c'est-à-dire y compris les étrangers dans les différents cantons –, les cantons avec une proportion d'étrangers supérieure à la moyenne bénéficient excessivement au détriment de ceux où la proportion est plus faible.
Si le nombre de sièges était déterminé en fonction des citoyens suisses, les cantons de Genève recevraient trois mandats de moins, le canton de Vaud deux et le canton de Zurich un mandat de moins, tandis que Berne recevrait quatre mandats de plus.
Les cantons des Grisons et de Thurgovie auraient également droit à un siège supplémentaire. Comme le canton d'Appenzell bénéficie généralement du siège unique grâce à la clause minimum, le canton de Soleure n'obtient pas de mandat supplémentaire par rapport aux sièges selon la population. Pour environ 45 000 habitants ou près de 30 000 citoyens suisses, un mandat est calculé. Grâce au nombre élevé d'étrangers, la Suisse romande dispose donc d'une part des voix nettement trop élevée au Conseil national, ce qui n'est pas sans poser problème, car ces cantons s'opposent souvent aux cantons alémaniques, auxquels cinq sièges de plus reviendraient normalement.
Conclusion: Les étrangers ne possèdent ni les droits de vote actifs ni passifs lors des élections fédérales. Il est donc erroné que le nombre d'étrangers dans un canton soit déterminant pour le nombre de sièges au Conseil national. Par ailleurs, les 826 700 Suisses de l'étranger (= 11,2 % des Suisses) ne sont pas pris en compte dans ce calcul. En 1993, ils n'étaient que 504 000. Il serait temps d'adapter cette réglementation dépassée par la réalité et de fixer à l'avenir le nombre de sièges du Conseil national en fonction des citoyens suisses dans les différents cantons.