L’UE se dirige vers un conflit de principe au sujet d’un durcissement des règles pour les produits du tabac alternatifs. Selon un rapport de Euractiv, la Commission européenne prépare pour la première fois une étude exhaustive sur les conséquences sanitaires des cigarettes électroniques et de produits similaires.
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Cette étude s’inscrit dans la révision de la directive sur les produits du tabac et devrait déterminer si les nouveaux produits seront à l’avenir réglementés comme les cigarettes classiques. Parallèlement, des négociations sont en cours sur une réforme de la fiscalité du tabac, avec laquelle Bruxelles entend percevoir environ 11,2 milliards d’euros par an.
Deux camps se forment au sein de l’UE. La France et les Pays-Bas poussent à l’adoption de règles plus strictes. L’Italie et la Grèce exigent des preuves scientifiques solides. Le ministre grec de la Santé, Adonis Georgiadis, a déclaré: « S’ils sont différents, ils seront traités différemment; sinon, non. » Il a mis en garde contre des décisions précipitées sans base de données suffisante.
La Commission laisse déjà entrevoir une ligne dure. Le commissaire à la santé Olivér Várhelyi a placé les produits alternatifs sur le même plan que les cigarettes traditionnelles. Dans le même temps, l’organe de contrôle interne a relevé des indices montrant que l’évaluation en cours prépare déjà de futurs durcissements.
Un problème central demeure la faiblesse des données disponibles: beaucoup de ces produits ne sont sur le marché que depuis peu de temps, et les études à long terme font largement défaut. Cela complique l’adoption d’une réglementation claire et renforce le conflit politique.
Aucun accord n’est en vue non plus sur le plan fiscal. Une proposition prévoit une taxe de 15 % sur les impôts nationaux sur le tabac. Certains États réclament des exemptions ou des périodes transitoires, d’autres mettent en garde contre des pertes de recettes dues au commerce transfrontalier. Comme l’unanimité est requise, chaque pays peut bloquer le compromis.