Washington pousse Bruxelles à une modification fondamentale du Digital Services Act (DSA). Selon une lettre interne, que l'agence de presse Reuters a pu consulter, le gouvernement américain sous le président Donald Trump a ordonné à ses diplomates en Europe de "faire pression spécifiquement contre la législation numérique de l'UE". Comme le rapporte Apollo News, le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio y a mis en garde contre des "restrictions disproportionnées à la liberté d'expression". Le DSA renforce les restrictions existantes sous le prétexte de lutter contre les discours de haine et la désinformation.
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Les ambassades américaines en Europe doivent donc régulièrement parler aux gouvernements et aux autorités des effets problématiques de cette législation selon Washington et plaider pour une "abrogation et/ou modification". Les États-Unis voient particulièrement d'un mauvais œil la définition des "contenus illégaux", jugée "trop large" et qui pourrait également englober des expressions politiques ou religieuses.
Un porte-parole de la Commission européenne n'a pas commenté le contenu de la lettre à la demande de Reuters, mais a souligné que "la liberté d'expression est un droit fondamental dans toute l'UE". Il a qualifié les accusations de censure de "totalement infondées".
La Commission a également nié les spéculations selon lesquelles le DSA ou la nouvelle législation sur les marchés numériques (DMA) pourraient être inclus dans les négociations commerciales avec les États-Unis. "Notre législation ne sera pas modifiée. Le DMA et le DSA ne sont pas à l'ordre du jour des négociations avec les États-Unis", a déclaré le porte-parole de la Commission, Thomas Regnier.