Beat Flach est membre du groupe fortement réduit des Verts libéraux (GLP) au Palais fédéral. Depuis les élections de 2023, les Verts libéraux ne comptent plus que dix sièges au Conseil national, 11 grâce à Matthias Jauslin, un transfuge du PLR.
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Flach est le seul membre du GLP dans la commission de politique de sécurité (SIK) de 25 membres. Cette faible influence n'empêche pas le conseiller national argovien de voir grand.
Ainsi, le représentant du GLP souhaite un jour envoyer des soldats suisses dans le Donbass pour sécuriser une éventuelle paix entre la Russie et l'Ukraine. « Cela permettrait à la Suisse de contribuer à renforcer la sécurité de l'Europe », rapporte le Blick.
Mais comment l'armée suisse peut-elle renforcer la sécurité de l'Europe si, selon le chef de l'armée, Thomas Süssli, elle ne pourrait elle-même défendre la Suisse qu'« environ quatre semaines » en cas d'urgence ? Et comment cela serait-il compatible avec la neutralité si des soldats suisses devaient faire face aux forces russes et éventuellement riposter en cas d'urgence ?
Beat Flach ne semble pas s'inquiéter du fait que des soldats suisses puissent être exposés aux tirs à l'étranger. Lui qui, dans son propre pays, se bat surtout pour la protection des loups ; Flach ne veut toujours pas croire que les loups peuvent être régulés préventivement en Suisse.
Les réflexions du conseiller national GLP ne vaudraient guère la peine d'être mentionnées si le chef du DDPS, Martin Pfister, ne poussait pas déjà dans la même direction. Comme l'a révélé la Weltwoche, le conseiller fédéral du centre veut modifier la loi militaire afin que, à l'avenir, des soldats suisses puissent être envoyés en Ukraine sur ordre de l'UE. Cet arrière-plan pertinent est cependant passé sous silence dans l'article correspondant du Blick.