Le chef syndical Pierre-Yves Maillard reste ouvert à l'approbation des contrats avec l'UE. Seule condition : le Parlement ne doit rien modifier aux mesures de protection des salaires décidées par le Conseil fédéral, a déclaré le conseiller aux États socialiste vaudois à la radio romande.
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Ainsi, le stratège Maillard accroît la pression surtout sur les critiques de l'UE au sein du PLR et du Centre. Ceux-ci, selon lui, pourraient affaiblir la protection des salaires dans le but de pousser les syndicats dans le camp du non et ainsi diviser la gauche. Le message de Maillard aux chefs de groupe du PLR et du Centre : pas de manœuvres sur la protection des salaires si vous voulez que nous vous suivions.
Les syndicats ne sont pour leur part pas impliqués dans l'accord sur l'électricité. Maillard a réitéré dans l'interview la position selon laquelle on rejette catégoriquement la libéralisation du marché de l'électricité, comme le prévoit l'accord sur l'électricité. De plus, l'homme du PS conseille au Conseil fédéral de dissocier l'accord sur l'électricité du reste du paquet contractuel et de le traiter séparément.
Avec cette proposition, Maillard devrait trouver une oreille attentive chez les partisans de l'UE au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Dans l'entourage du chef du DFAE Ignazio Cassis, une réflexion est déjà en cours pour soumettre l'accord sur l'électricité à une votation ultérieure. L'objectif est de réduire la surface d'attaque et d'augmenter la probabilité que les contrats soient acceptés par le peuple.
Après l'échec des négociations sur l'accord-cadre en 2021, Cassis lui-même a avancé l'accord sur l'électricité pour engager à nouveau des discussions avec Bruxelles. Depuis lors, cet accord est présenté au peuple suisse comme une base vitale pour la sécurité d'approvisionnement du pays.
Il semble que cette urgence et cette importance ne soient pas si claires, si tant le chef syndical que les collaborateurs du DFAE de Cassis freinent maintenant pour des raisons tactiques de votation. Si le Conseil fédéral extrait l'accord sur l'électricité du paquet, il perd encore une fois en crédibilité.